Les mercredis de la glandouille – Pourquoi se mettre aux jeux vidéo indépendants

Les « profanes » (ce mot est tellement méprisant) pensent souvent que les jeux vidéo se résument aux Call of Duty, Fifa, et autres triples A. Que nenni ! Les jeux indépendants pululent sur la toile, et sont une source inépuisable d’amusement.

Concrètement, je n’ai rien contre les triples A. Lorsqu’on s’attache à une licence, c’est un bonheur de pouvoir retrouver de temps en temps un nouvel épisode dans un univers qu’on affectionne. Les amateurs de Fallout par exemple, on bondit quelque semaines avant l’E3, en apprenant qu’un quatrième opus allait sortir. Sauf que ces licences, c’est une force autant qu’une faiblesse. Parce que si le public en apprécie une, les gros studios vont souvent jouer la carte de la sécurité en la continuant, plutôt qu’en en créant une nouvelle. Et lorsqu’ils souhaiteront créer quelque chose, ils s’appuieront sur des succès déjà existants, pour être sûrs de vendre. On l’a vu lors du dernier E3 : Bethesda a décidé de lancer un jeu de carte en ligne basé sur sa licence phare, The Elder Scrolls, à l’image de Blizzard et de son Hearthstone basé sur World of Warcraft. En résumé : les gros studios prennent moins de risques, et proposent des jeux moins diversifiés et moins surprenants. C’est une tendance mais ce n’est pas systématique : Nintendo avait créé la surprise durant l’E3 2014, en présentant Splatoon, qui ne reprenait aucun de ses personnages déjà créés.

splatoon-nintendoJe suis une enfant-poulpe, ça te pose un problème ?

Bref, pourquoi je dis ça ? Parce que côté jeux indépendants, ça marche très différemment. Les studios indépendants engagent rarement des millions dans la création d’un jeu. Du coup, la prise de risque n’est pas inexistante (ça reste des mois voir des années de travail), mais elle est réduite. Vu son coût, un mauvais jeu développé par une grosse boîte risque de la couler. Du coup les indépendants ont moins à perdre : ils peuvent se permettre de prendre plus de risques, tant sur les graphismes que sur le concept, le gameplay… Little inferno consiste à brûler des trucs dans une cheminé, Super Meat Boy nous propose d’incarner un personnage sans peau dégoulinant de sang, Cuphead se base sur l’esthétique flippante des dessins animés des années 30.

cupheadÇa vous terrifie pas vous ? Moi si.

Jouer aux jeux indépendants, ça permet de découvrir des univers totalement inédits, de tenter des expériences parfois novatrices. Parce que les concepteurs de jeux vidéos ont des milliers d’idées complètement folles en tête… Et que les seuls barrières, c’est souvent les investisseurs. Sans compter que comme le jeu aura coûté moins cher à la conception, il coûtera aussi moins cher à l’achat. Fez, l’un des meilleurs indé auquel j’ai jamais joué, est un vrai bijou et ne coûte que dix euros. Je vois d’ici les râleurs « oui mais si moi je joue plutôt sur consoles que sur PC ? » Pas d’excuse : Microsoft, Nintendo et Sony ont déjà flairé le filon. La PS3 et la Xbox 360 proposent un large catalogue d’indé. On peut en trouver des très bien sur 3DS, comme par exemple Cave Story. Et lors du dernier E3, Microsoft a insisté sur l’arrivée de nombreux indés particulièrement alléchants sur Xbox One.

Bref, des tas de bons côtés. Alors oui, l’indé est un monde « dangereux » … Certaines fois, les jeux peuvent être bugés, ou trop faciles, ou au contraire trop durs… Disons qu’en achetant un jeu indé, on peut avoir plus de surprises, dans les bons comme dans les mauvais sens du terme, qu’en achetant un triple A.

Et si je vous ai convaincus, voici une liste de jeux indépendants forts sympa, testés et approuvés. Ils sont téléchargeables sur Steam, LA plateforme idéale pour jouer aux jeux indé sur PC. Mais nombre d’entre eux sont aussi trouvables sur consoles.

Fez – 9,99 euros

Un symbole du jeu indé. On incarne un petit bonhomme coiffé d’un fez magique, qui évolue dans un monde de plateformes en pixels. La particularité est que le joueur peut passer de la 2D à la 3D par une simple pression de bouton. L’univers est magnifique et les énigmes sont coriaces, donc la durée de vie est plutôt longue. Très agréable à la manette.

fez

Super Meat Boy – 13,99 euros

Un runner particulièrement coriace. Super Meat Boy est constitué de différents niveaux pleins de scies circulaires et d’autres trucs qui font mal. Le jeu est bien pensé mais vraiment dur, donc gare aux rage quit. L’ambiance est aussi très drôle (le méchant est un foetus dans un bocal).

Don’t Starve – 14,99 euros

Mon préféré ! Le but est de survivre dans un monde particulièrement hostile, où tout est susceptible de nous tuer (les vaches, l’hiver, la nuit…). Pour cela, il est possible de fabriquer des outils et des armes, de construire son campement… Et quand on perd, on meurt. Définitivement. Il y a plus qu’à tout recommencer. Depuis peu, il est même possible de jouer à plusieurs, un peu le rêve de tout fan de Don’t Starve depuis les début du jeu.

don't starve

Ibb & Obb – 9,99 euros

Le sauveur de ma relation à distance quand je suis partie en Asie. Dans Ibb & Obb, on incarne deux petits bonhommes dans un monde aux couleurs pastelles. Ils doivent s’entraider pour évoluer : le jeu est parfait en ligne, la difficulté est croissante. Le plus sur PS3 : on peut incarner  simultanément les deux perso, un pour le joystick gauche et un sur le droit. Et jouer à deux sur une manette, c’est la grosse marade.

Tiny Thief – 4,99 euros

Tiny Thief est assez facile à jouer : il se compose de scènes à résoudre en cliquant, tout simplement. On incarne un petit voleur dans un monde médiéval. L’univers est formidablement mignon et les énigmes deviennent assez ardues au fil du temps, assez pour contenter autant les amateurs que les gros gamers.

tiny thief

Reus – 9,99 euros

L’un des premiers indé auquel j’ai joué. Reus est une espèce de jeu de gestion, où on fait évoluer une planète par terraformation. La particularité est que lorsque des humains apparaissent, on ne les contrôle pas totalement. Du coup si ils commentent à se taper dessus, c’est un peu la panique. J’ai passées tellement d’heures sur ce jeu que j’en ai même fait un petit strip.

reus

Terraria – 9,99 euros

On trouve vraiment beaucoup de jeux « bac à sable » côté indé. Peut-être parce qu’ils ont rapidement une grosse durée de vie, puisqu’ils permettent de faire un peu n’importe quoi. Dans Terraria donc, votre job sera de miner, construire, explorer, et vous protéger des monstres qui arrivent à la tombée de la nuit. Et vue l’étendue des possibilités, le nombre d’objets cachés ou à crafter, il y a de quoi devenir complétement accro.

 

Les mercredis de la glandouille – Trois comics à dévorer

Nous les français, on a une grosse culture de la BD. Entre nos Gaston Lagaffe, nos Lucky Luke et nos Spirou, les cases et les bulles ça nous connaît. Aujourd’hui encore, notre pays est un vivier de scénaristes et d’illustrateurs prolifiques. Ce n’est pas une raison pour se contenter des bandes dessinées franco-belges. Le genre du comics, très apprécié outre-atlantique, est une vraie mine d’or. Vous ne savez pas par où commencer ? Suivez le guide !

Scott Pilgrim

Si vous n’avez pas entendu parler de la BD, vous avez au moins vu passer le film : Scott Pilgrim est un très, très bon film réalisé par Edgar Wright, le papa de la trilogie Cornetto. C’est aussi un très, très bon comics écrit et scénarisé par Bryan Lee O’malley. Il est composé de six tomes.

Scott est un jeune adulte pas très dégourdi. Il joue dans un groupe assez mauvais et sort avec une lycéenne. Un jour, il voit dans son rêve une jolie fille qui passe à toute vitesse en roller. Quelle surprise lorsque le lendemain il la croise… Pour de vrai. Elle s’appelle Ramona Flowers et en fait, tout le monde la kiffe. Très rapidement, ils se rapprochent. Mais Ramona a un terrible secret : ses sept ex petits-amis ont créée une ligue, que devra affronter quiconque voudra sortir avec elle. Scott va donc devoir faire face à un tas d’amoureux transis aux pouvoirs surhumains.

Scott Pilgrim, c’est complètement déjanté et vraiment drôle. Sans compter que c’est un concentré de pop culture. Les références aux jeux vidéo sont nombreuses (par exemple Scott gagne des pièces quand il bat quelqu’un).

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Si le film est très réussi, les comics sont également parfaits parce qu’ils proposent encore plus de gags, et s’attardent plus particulièrement sur certains ex un peu passés à la trappe à l’écran. Ce qui est cool avec Bryan Lee O’Malley, c’est que ses BD se passent au Canada, et sont très imprégnées de cet univers. Les personnages ont toujours un look d’enfer et le tout donne presque envie de vivre par -30°.

Locke and Key

J’ai offerts les trois premiers tomes de Locke and Key à mon mec sur les conseils de mon libraire. Il m’a assuré que commencer la série valait le coup… Et il avait totalement raison.

L’histoire se déroule dans la ville de Lovecraft. Les Locke viennent d’emménager dans une maison qui appartient à leur famille depuis plusieurs générations. Ils ont déménagé de leur précédent logis après avoir été attaqués par deux individus, qui ont tué le père. Le plus jeune fils découvre rapidement des clefs cachées dans la maison, qui lorsqu’elles sont insérées dans les bonnes serrures, donnent différents pouvoir. Ça pourrait être cool si un démon meurtrier ne s’était pas donné comme mission de récupérer toutes les clefs afin de contrôler le monde.

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Bon, là on passe du côté obscur de la BD. Locke and Key n’est pas une série comique. Le démon n’est vraiment pas sympa, et on se cramponne à son bouquin en priant pour qu’il ne tue pas notre personnage préféré. Et c’est justement ça qui est génial : on s’attache aux personnages et on part à l’aventure avec eux, pour le meilleur mais surtout pour le pire. L’idée des clefs aux pouvoir spécifiques est très bien pensée. Elle permet aux héros de se défendre contre le démon, mais aussi au démon de jouer des sales tours aux héros. Un excellent comics façon thriller.

Punk Rock Jesus

On termine sur un One Shot, pour ceux qui voudraient investir sans se ruiner. Punk Rock Jesus a été écrit et dessiné par Sean Murphy. A la base, il ne me tentait pas tant que ça. J’ai d’abord lu Off Road, du même auteur, et j’ai compris que ce type était très doué. Je me suis donc laissée tenter.

L’histoire débute avec le lancement d’une nouvelle télé-réalité, dans un monde futuriste. Des scientifiques affirment avoir trouvé de l’ADN du Christ sur son linceul, et se sont mis en tête de réaliser une immaculée conception sur une jeune femme. L’enfant ainsi né s’appelle Chris (logique), et il grandira sous l’œil vicieux des caméras de télévision. Sauf que jouer avec les religions, c’est dangereux. Entre ceux qui crient à l’imposteur, ceux qui veulent à tout prix approcher ce « nouveau dieu », et les producteurs qui manipulent à loisir Chris et sa mère, l’ambiance devient vite extrême. Devenu ado, Chris pète un câble et décide de monter un groupe de punk, pour provoquer les culs-bénits.

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Punk Rock Jesus est très réussi parce qu’il fait réfléchir. Déjà sur le côté malsain de la télé-réalité, car on voit de quelle façon les protagonistes sont manipulés sans prendre en compte un instant leur bien-être. Mais surtout sur les religions et leur importance. Pas sûr que si le scénario se réalisait en vrai, les réactions seraient très éloignées de celles du bouquin. L’histoire n’est pas flippante comme avec Locke and Key (ce n’est pas le but), mais elle est très dure. Et moi qui déteste tirer la tronche devant une BD, j’en redemande.

Je vous aurais bien parlé aussi de Saga, mais ça m’aurait ennuyé de vous proposer trois séries. Côté français, il y a aussi du très bon, notamment chez le label 619. Pour les fans de castagne et de théorie du complot, n’hésitez pas à dévorer Mutafukaz.

Les mercredis de la glandouille – Trois dessins animés à voir

On est en juillet, c’est les vacances ! (les personnes normales sont en vacances en aout ? Je ne suis pas une personne normale.) Le moment de partir à l’autre bout du monde… Ou de passer ses journées à rien faire parce que hein, on n’est pas tous pleins aux as. Pour mettre à profit ces moments de glandouille, je vais vous proposer, chaque mercredis de Juillet, un truc à faire dans votre canapé. On attaque !

Les gens fermés d’esprit estiment que les dessins animés, c’est que pour les gosses. Bien. On les emmerde. J’aime me poser devant un bon cartoon et en prendre plein les yeux. Pourquoi pas vous ? Voici trois dessins animés à binge-watcher allégrement.

Avatar, le dernier maître de l’air

avatar2On n’est pas contents.

Allez, on commence avec une évidence, mais je me devais de mettre Avatar dans cette liste pour ceux qui ne connaissent pas. C’est un dessin animé américain de 61 épisodes. L’histoire se passe dans un monde s’apparentant à l’Asie durant l’époque féodale. Certaines personnes ont reçu le don de contrôler un élément. Mais une seule et unique personne, est capable de contrôler les quatre : c’est l’avatar. Cet avatar, c’est Aang. Il vient du peuple de l’air, qui a été exterminé par la nation du feu. Et son rôle est de rétablir l’équilibre entre les quatre éléments.

Avatar, c’est vraiment bien pour plein de raisons. Aang est accompagné par Sokka et Katara, deux jeunes du peuple de l’eau. Le crew qu’ils forment est touchant mais aussi vraiment drôle. L’histoire est captivante, prenante, parfois super triste. Mais c’est grâce à cet univers incroyable que les scénaristes ont créé. Les combats sont particulièrement classes, avec une musique impeccable. Et puis franchement, l’équipe a du bien s’amuser en créant la faune : des bisons volants, des taupes géantes, des canards-tortues, des ours-ornithorynques… Beaucoup d’hybridations d’animaux existants, et c’est ridiculement drôle.

Et si vous avez aimé, ce n’est pas fini : la série dispose d’une suite appelée La légende de Korra. On suit les aventures de l’avatar suivant, une jeune fille du peuple de l’eau. Cette série est elle aussi très bien. Elle reprend l’univers d’avatar mais le monde est alors plus évolué : les nations utilisent des technologies plus avancées, et Korra doit faire face à de sombres intrigues politiques. Le tout a un côté un peu steampunk qui n’est pas pour me déplaire.

Wakfu

wakfuC’est le bazar mais c’est bien

On passe à une production française ! Wakfu vient de chez Ankama, une maison d’édition qui fait beaucoup, beaucoup de choses bien. L’une de ses productions phares, c’est Dofus. Si vous avez été ado durant les années 2000, vous avez certainement entendu parler de Dofus, ce MMORPG chronophage et mignon. Wakfu est un spin-off. On y suit les aventures de Yugo, un éliatrope accompagné de son petit Tofu. En quête de ses origines, il rencontre Tristepin, un Yop armé d’un Shusu, Amalia, la princesse des Sadida, et Evangéline, sa garde du corps.

Vous n’avez rien compris ? C’est normal. C’est toute une mythologie qu’Ankama a construit autour de Dofus et de ses spin-off. Le monde de Wakfu abrite différents peuples avec leurs spécificités et leurs pouvoirs, qu’on découvre et qu’on apprend à connaître au fil de l’histoire. La série est composée de 55 épisodes à dévorer. Si le design est résolument enfantin, les problématiques sont parfois très dures. OUI, j’ai versé une larme devant Wakfu et je n’ai pas honte. Commencer ce dessin animé, c’est aussi plonger dans un univers vraiment captivant. Car une fois qu’on a fini Wakfu, il y a aussi des tas de BD éditées par Ankama. Et celles-ci ne sont pas toutes des BD commerciales et opportunistes. Les comics Remington par exemple, sont une vraie tuerie.

Foster, la maison des amis imaginaires

foster

Séquence nostalgie : je mattais Foster sur Cartoon Network quand j’étais ado et qu’on avait plein de chaînes à la maison. C’était mon dessin animé préféré. J’ai réussi à retrouver les épisodes il y a peu de temps et sans surprise, c’est toujours top.

L’histoire se passe dans un orphelinat pour amis imaginaire. Vous savez, ces copains qu’on invente quand on est gamins et qu’on s’ennuie : où pensez-vous qu’ils vont quand on en a assez d’eux ? Ils disparaissent ? Bah non : ils vont dans une grande maison et ils attendent que quelqu’un d’autre veuille bien les adopter.

Mac, lui, n’a pas trop envie de laisser tomber son copain Bloo, même si il a une grande gueule. Alors il décide de revenir tous les jours pour passer du temps avec lui. A chaque épisodes, il vont vivre une aventure complètement dingue bien digne de Cartoon Network.

On est loin des récits précédents en mode quête initiatique. Les histoires se résument à des pièces secrètes dans la maison, un nouveau venu, un départ… Ce qui me plaît chez Foster, la maison des amis imaginaires, c’est son côté barré. Les personnages sont sensés sortir tout droit de l’imaginaire des enfants. Ils ont tous un design absurde et très drôle : mon personnage préféré est une espèce de bison bipède doté d’énormes cornes et maladivement timide. L’un des potes de Bloo mesure trois mètres, dont 2,5 mètres de jambes. Et Bloo est… Une simple boule bleue. Les dessins animés de Cartoon Network on ce côté absurdement drôle auquel je suis totalement accro. J’étais fan des Super Nana, j’aimais aussi beaucoup Dexter, mais c’est Foster qui gardera la place numéro 1 dans mon cœur.