Pourquoi bloguer quand on est rédacteur web ?

Je crois que tous les blogueurs ont une raison différente de tenir un blog. Si le mien avait plutôt un but récréatif au départ, il est aujourd’hui très intéressant au niveau professionnel.

chien_noideaÇa c’est moi à la création de mon blog.

En fait, tenir un blog c’est un super laboratoire pour rédacteur web. Je suis étudiante en journalisme et je voudrais travailler par la suite dans une rédaction web. Ce blog a été, et est toujours aujourd’hui, une énorme source d’enseignements. Rien qu’en observant mes statistiques, je tire des tas de conclusions réutilisables plus tard. Je vous en donne pêle-mêle pour que vous compreniez :

Peu importe la qualité de ton contenu, tant que t’es régulier, t’as de l’audience : c’est super triste à dire, mais c’est pragmatique. Après mon retour d’Asie, j’ai continué à publier des articles (pas de première qualité je l’avoue) pour rester sur l’idée d’une publication tous les mercredis. Je n’avais pratiquement pas de piques d’audience le mercredi : toute la semaine, j’engrangeais des visites. Les gens venaient carrément voir mon blog régulièrement.

Il faut partager ses contenus sur les forums : Trouver des forums dont le public correspond à celui du blog. Les membres des forums forment souvent des communautés hyper impliquées. Ils n’hésitent pas à cliquer, et même à apporter des critiques constructives et des félicitations.

Twitter n’est PAS une source de lecteurs potentiels : à part si vous avez des milliers de followers. Ce qui n’est pas mon cas (vous la sentez la frustration là ?)

Tout article doit être accompagné d’une image. Si t’en as pas, cherches un gif, prends une photo de ton chat, n’importe quoi. Sinon, va enterrer ton idée d’article au fond du jardin, ça reviendra au même.

Évidemment, ces conclusions doivent être adaptées : un site d’information n’a pas les mêmes modalités qu’un blog. Déjà, on ne s’attend pas à trouver le même type de contenu sur les deux supports (et heureusement). Normalement, un site d’info regroupera plusieurs personnes et sera donc à même d’engranger suffisamment de followers pour que twitter soit une source de lecteurs. Et on va pas aller s’amuser à partager tous les jours nos articles sur les forums. Mais les statistiques du blog restent intéressantes à analyser.

C’est intéressant pour tout : voir si un titre fait mouche, si une idée de série de textes peut marcher, si un sujet en particulier est populaire… C’est super intéressant aussi d’en parler irl avec les potes. Sur quoi ont-ils cliqué, qu’est-ce qu’ils n’ont pas voulu lire, pourquoi ? J’ai eu la joie d’apprendre qu’une amie avait appris des choses grâce à mon article sur les jeux indé. Moi qui croyais que cet article n’intéresserait pas ceux qui n’aiment pas particulièrement les jeux vidéo ! Encore un enseignement à retenir.

En bref, ça fait sept ans que je tiens un blog et je n’ai jamais regretté. Et vous, ça vous tente ?

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Le journaliste au carnet de croquis

Même ceux qui me connaissent à peine savent que je suis une fanatique de BD. J’en consomme à la chaîne (quand j’ai des sous), et j’aime beaucoup en parler. Quand j’ai commencé ma formation de journaliste en début d’année, j’ai rapidement su que mes profs ne voyaient pas ça comme un avantage. Je ne suis pas vraiment d’accord avec eux. Parce qu’il y a un genre qui vaut le détour, et qui se répand à grande vitesse : le journalisme en BD.

En soi, la BD n’est pas un art nouveau. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’est pas exclusivement réservée à la fiction. En fait, elle se prête très bien à l’explication. Elle est idéale dans un contexte de vulgarisation. En témoigne par exemple le blog sociobd, qui m’a enfin permis de comprendre les cours de sociologie que j’ai bêtement avalés l’an dernier. Les textes, enfermés dans des bulles, se doivent d’être courts pour ne pas envahir l’image. Du coup, ils sont plus clairs et concis. Quand on sait que les sociologues sont adeptes des phrases à triple propositions et des mots ultra pointus, ça fait respirer.

C’est aussi un avantage pour le journalisme, qui peut traiter de sujets parfois compliqués (conflits armés, enjeux économiques…). La toute nouvelle Revue Dessinée

Extrait du n°1 de La Revue Dessinée

Extrait du n°1 de La Revue Dessinée

proposait par exemple dans son premier numéro, un reportage détaillé sur les difficultés d’implantation des agriculteurs dans le Nord de la France. L’explication incluait des histoires de pots-de-vin et de textes de lois, et moi qui ne suis pas férue d’économie, j’ai lu ça d’une traite. Même si la BD permet souvent de vulgariser le fait, elle n’est pas pour autant bêtifiante : il faut à tout prix sortir de ce cliché “BD = pour les gosses”.

Mais au-delà de faire comprendre le factuel, la BD est une fenêtre ouverte sur le ressenti de l’auteur. En cours, j’ai appris que pour faire un bon reportage, il fallait mentionner chacun des cinq sens. Allez trouver un moyen d’évoquer le goût dans un reportage sur les conflits qui ont actuellement lieu entre les étudiants de l’université Lyon 2 et son président : “avant d’aller à l’AG, j’ai mangé…euh… un kébab avec de la sauce qui pique”. Même si la BD ne permet pas de détailler le goût qu’on a dans la bouche quand on se retrouve au milieu d’une ville bombardée, elle peut représenter ce que le journaliste ressent vraiment. Le sentimentalisme ne nuit pas forcément à la réalité d’un récit : il peut permettre simplement d’en avoir une autre vision, parfois plus réaliste qu’une liste de chiffres ou de faits. Toujours dans La Revue Dessinée, on se rend compte en lisant les différents reportages qui composent un numéro, que les traits sont tous radicalement différents. Chaque lectures nous apportent des sentiments variés : le reportage sur les agriculteurs du Nord par exemple, peut révolter. Celui sur l’épopée de la marine dans l’hémisphère Sud glace en même temps qu’il émeut. Ou encore, celui sur les dernières minutes Salvador Allende nous fait ressentir toute la détresse du condamné…

C'est Noël dans 20 jours au fait !

C’est Noël dans 20 jours au fait !

Et pourquoi je vous en parle là, maintenant ? Tout simplement parce que la revue XXI a décidé de publier un recueil de tous ses reportages en BD. En tête de liste, on retrouve évidemment Sacco, qui est LA personne qu’on cite lorsqu’on évoque ce genre de journalisme. XXI, c’est avant tout du slow journalism : une forme de journalisme qui s’intéresse à l’information sur le long terme, qui prend le temps de creuser l’information en profondeur pour cultiver le lecteur. Et c’est aussi ça l’intérêt du journalisme en BD : nous faire découvrir des choses, en nous les expliquant tout en nous les montrant

Donc à mon sens, le journalisme en BD est très prometteur, et je peux même parier qu’il sera de plus en plus présent avec le temps.