Les mercredis de la glandouille – Trois comics à dévorer

Nous les français, on a une grosse culture de la BD. Entre nos Gaston Lagaffe, nos Lucky Luke et nos Spirou, les cases et les bulles ça nous connaît. Aujourd’hui encore, notre pays est un vivier de scénaristes et d’illustrateurs prolifiques. Ce n’est pas une raison pour se contenter des bandes dessinées franco-belges. Le genre du comics, très apprécié outre-atlantique, est une vraie mine d’or. Vous ne savez pas par où commencer ? Suivez le guide !

Scott Pilgrim

Si vous n’avez pas entendu parler de la BD, vous avez au moins vu passer le film : Scott Pilgrim est un très, très bon film réalisé par Edgar Wright, le papa de la trilogie Cornetto. C’est aussi un très, très bon comics écrit et scénarisé par Bryan Lee O’malley. Il est composé de six tomes.

Scott est un jeune adulte pas très dégourdi. Il joue dans un groupe assez mauvais et sort avec une lycéenne. Un jour, il voit dans son rêve une jolie fille qui passe à toute vitesse en roller. Quelle surprise lorsque le lendemain il la croise… Pour de vrai. Elle s’appelle Ramona Flowers et en fait, tout le monde la kiffe. Très rapidement, ils se rapprochent. Mais Ramona a un terrible secret : ses sept ex petits-amis ont créée une ligue, que devra affronter quiconque voudra sortir avec elle. Scott va donc devoir faire face à un tas d’amoureux transis aux pouvoirs surhumains.

Scott Pilgrim, c’est complètement déjanté et vraiment drôle. Sans compter que c’est un concentré de pop culture. Les références aux jeux vidéo sont nombreuses (par exemple Scott gagne des pièces quand il bat quelqu’un).

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Si le film est très réussi, les comics sont également parfaits parce qu’ils proposent encore plus de gags, et s’attardent plus particulièrement sur certains ex un peu passés à la trappe à l’écran. Ce qui est cool avec Bryan Lee O’Malley, c’est que ses BD se passent au Canada, et sont très imprégnées de cet univers. Les personnages ont toujours un look d’enfer et le tout donne presque envie de vivre par -30°.

Locke and Key

J’ai offerts les trois premiers tomes de Locke and Key à mon mec sur les conseils de mon libraire. Il m’a assuré que commencer la série valait le coup… Et il avait totalement raison.

L’histoire se déroule dans la ville de Lovecraft. Les Locke viennent d’emménager dans une maison qui appartient à leur famille depuis plusieurs générations. Ils ont déménagé de leur précédent logis après avoir été attaqués par deux individus, qui ont tué le père. Le plus jeune fils découvre rapidement des clefs cachées dans la maison, qui lorsqu’elles sont insérées dans les bonnes serrures, donnent différents pouvoir. Ça pourrait être cool si un démon meurtrier ne s’était pas donné comme mission de récupérer toutes les clefs afin de contrôler le monde.

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Bon, là on passe du côté obscur de la BD. Locke and Key n’est pas une série comique. Le démon n’est vraiment pas sympa, et on se cramponne à son bouquin en priant pour qu’il ne tue pas notre personnage préféré. Et c’est justement ça qui est génial : on s’attache aux personnages et on part à l’aventure avec eux, pour le meilleur mais surtout pour le pire. L’idée des clefs aux pouvoir spécifiques est très bien pensée. Elle permet aux héros de se défendre contre le démon, mais aussi au démon de jouer des sales tours aux héros. Un excellent comics façon thriller.

Punk Rock Jesus

On termine sur un One Shot, pour ceux qui voudraient investir sans se ruiner. Punk Rock Jesus a été écrit et dessiné par Sean Murphy. A la base, il ne me tentait pas tant que ça. J’ai d’abord lu Off Road, du même auteur, et j’ai compris que ce type était très doué. Je me suis donc laissée tenter.

L’histoire débute avec le lancement d’une nouvelle télé-réalité, dans un monde futuriste. Des scientifiques affirment avoir trouvé de l’ADN du Christ sur son linceul, et se sont mis en tête de réaliser une immaculée conception sur une jeune femme. L’enfant ainsi né s’appelle Chris (logique), et il grandira sous l’œil vicieux des caméras de télévision. Sauf que jouer avec les religions, c’est dangereux. Entre ceux qui crient à l’imposteur, ceux qui veulent à tout prix approcher ce « nouveau dieu », et les producteurs qui manipulent à loisir Chris et sa mère, l’ambiance devient vite extrême. Devenu ado, Chris pète un câble et décide de monter un groupe de punk, pour provoquer les culs-bénits.

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Punk Rock Jesus est très réussi parce qu’il fait réfléchir. Déjà sur le côté malsain de la télé-réalité, car on voit de quelle façon les protagonistes sont manipulés sans prendre en compte un instant leur bien-être. Mais surtout sur les religions et leur importance. Pas sûr que si le scénario se réalisait en vrai, les réactions seraient très éloignées de celles du bouquin. L’histoire n’est pas flippante comme avec Locke and Key (ce n’est pas le but), mais elle est très dure. Et moi qui déteste tirer la tronche devant une BD, j’en redemande.

Je vous aurais bien parlé aussi de Saga, mais ça m’aurait ennuyé de vous proposer trois séries. Côté français, il y a aussi du très bon, notamment chez le label 619. Pour les fans de castagne et de théorie du complot, n’hésitez pas à dévorer Mutafukaz.

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