C’est parti pour Casabulle, notre chaîne YouTube 100% BD !

It’s online ! Nous lançons aujourd’hui Casabulle, notre chaîne YouTube consacrée à la bande dessinée. Le but ? Vous faire découvrir nos coups de coeur chaque mercredi, partager notre passion avec vous et qui sait, vous donner envie de vous y mettre !

Avec mon copain (Matyas de son prénom), ça faisait un petit moment qu’on avait ce projet en tête. On est tous les deux très très fan de bandes dessinées. Quand on a emménagé ensemble, on a vite acheté une deuxième bibliothèque tellement nos collections cumulées prenaient de la place. On adore proposer des albums à nos potes, découvrir de nouveaux auteurs… C’est un univers très important pour nous. L’idée d’une chaîne YouTube consacrée aux critiques de BD a germé dans ma petite tête l’an dernier. On a voulu attendre mon retour d’Asie pour se lancer, puis notre emménagement ensemble… Mais maintenant c’est bon ! Je suis fière de vous présenter notre toute première vidéo consacrée à Seconds, le chef d’œuvre de Bryan Lee O’Malley !

Pour le lancement de la chaîne, on a pris soin d’avoir quelque vidéos d’avance. J’ai donc choisi de parler d’un album un peu plus vieux mais parmi mes préférés : L’immeuble d’en face, de Vanyda.

Enfin, on revient dans l’actuel avec une présentation de deux albums d’Urban Comics qui sont sortis la semaine dernière, Batgirl et Gotham Academy.

C’est loin d’être impeccable pour l’instant et j’en ai bien conscience (je vais tout faire pour diminuer le nombre de « euh ») mais il faut bien se lancer ! J’ai aussi envie de faire référence à d’autres albums et auteurs dans mes vidéos, histoire de vous proposer de découvrir différentes BD autour d’un même univers. Et puis j’aimerais bien par la suite aller plus loin que des critiques : parler de sujets relatifs aux univers de la bande dessinée, réaliser des interviews… C’est déjà en route de toute façon ! Nous publierons une vidéo toutes les semaines, j’espère que la chaîne vous plaira !

The Buffy puppet show #1 – Buffy & Angel

Ça faisait longtemps que j’avais envie de re-regarder toutes les saisons de Buffy contre les vampires (en fait, depuis que j’avais vu ce très bon épisode de Pitch). Étant ado, je l’avais suivie sur M6 puis sur W9, donc évidemment pas dans l’ordre. A l’époque je ne me rendais pas compte que c’était du Joss Whedon, je regardais cette série d’un œil « innocent ». C’est comme redécouvrir Buffy : les vampires me faisaient tellement flipper que je n’avais pas perçu tout le potentiel comique de la série.

Maintenant que j’ai terminé la saison 1, je vous propose trois misérables strips qui la récapitulent de façon tout à fait exhaustive (non). Les deux suivants viendront les semaines prochaines !buffy1Buffy2buffy3

Le journaliste au carnet de croquis

Même ceux qui me connaissent à peine savent que je suis une fanatique de BD. J’en consomme à la chaîne (quand j’ai des sous), et j’aime beaucoup en parler. Quand j’ai commencé ma formation de journaliste en début d’année, j’ai rapidement su que mes profs ne voyaient pas ça comme un avantage. Je ne suis pas vraiment d’accord avec eux. Parce qu’il y a un genre qui vaut le détour, et qui se répand à grande vitesse : le journalisme en BD.

En soi, la BD n’est pas un art nouveau. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’est pas exclusivement réservée à la fiction. En fait, elle se prête très bien à l’explication. Elle est idéale dans un contexte de vulgarisation. En témoigne par exemple le blog sociobd, qui m’a enfin permis de comprendre les cours de sociologie que j’ai bêtement avalés l’an dernier. Les textes, enfermés dans des bulles, se doivent d’être courts pour ne pas envahir l’image. Du coup, ils sont plus clairs et concis. Quand on sait que les sociologues sont adeptes des phrases à triple propositions et des mots ultra pointus, ça fait respirer.

C’est aussi un avantage pour le journalisme, qui peut traiter de sujets parfois compliqués (conflits armés, enjeux économiques…). La toute nouvelle Revue Dessinée

Extrait du n°1 de La Revue Dessinée

Extrait du n°1 de La Revue Dessinée

proposait par exemple dans son premier numéro, un reportage détaillé sur les difficultés d’implantation des agriculteurs dans le Nord de la France. L’explication incluait des histoires de pots-de-vin et de textes de lois, et moi qui ne suis pas férue d’économie, j’ai lu ça d’une traite. Même si la BD permet souvent de vulgariser le fait, elle n’est pas pour autant bêtifiante : il faut à tout prix sortir de ce cliché “BD = pour les gosses”.

Mais au-delà de faire comprendre le factuel, la BD est une fenêtre ouverte sur le ressenti de l’auteur. En cours, j’ai appris que pour faire un bon reportage, il fallait mentionner chacun des cinq sens. Allez trouver un moyen d’évoquer le goût dans un reportage sur les conflits qui ont actuellement lieu entre les étudiants de l’université Lyon 2 et son président : “avant d’aller à l’AG, j’ai mangé…euh… un kébab avec de la sauce qui pique”. Même si la BD ne permet pas de détailler le goût qu’on a dans la bouche quand on se retrouve au milieu d’une ville bombardée, elle peut représenter ce que le journaliste ressent vraiment. Le sentimentalisme ne nuit pas forcément à la réalité d’un récit : il peut permettre simplement d’en avoir une autre vision, parfois plus réaliste qu’une liste de chiffres ou de faits. Toujours dans La Revue Dessinée, on se rend compte en lisant les différents reportages qui composent un numéro, que les traits sont tous radicalement différents. Chaque lectures nous apportent des sentiments variés : le reportage sur les agriculteurs du Nord par exemple, peut révolter. Celui sur l’épopée de la marine dans l’hémisphère Sud glace en même temps qu’il émeut. Ou encore, celui sur les dernières minutes Salvador Allende nous fait ressentir toute la détresse du condamné…

C'est Noël dans 20 jours au fait !

C’est Noël dans 20 jours au fait !

Et pourquoi je vous en parle là, maintenant ? Tout simplement parce que la revue XXI a décidé de publier un recueil de tous ses reportages en BD. En tête de liste, on retrouve évidemment Sacco, qui est LA personne qu’on cite lorsqu’on évoque ce genre de journalisme. XXI, c’est avant tout du slow journalism : une forme de journalisme qui s’intéresse à l’information sur le long terme, qui prend le temps de creuser l’information en profondeur pour cultiver le lecteur. Et c’est aussi ça l’intérêt du journalisme en BD : nous faire découvrir des choses, en nous les expliquant tout en nous les montrant

Donc à mon sens, le journalisme en BD est très prometteur, et je peux même parier qu’il sera de plus en plus présent avec le temps.