Songkran, une bataille d’eau à échelle nationale

Mon séjour en Asie s’est terminé, mais en beauté : les 13, 14 et 15 avril, j’ai eu la chance de participer à Songkran, le Nouvel An bouddhiste. A la base, il s’agit simplement de verser un peu d’eau sur ses proches, en signe de respect. Au fil du temps, c’est devenu un énorme water fight qui dure trois jours non-stop. Donc si tu te prends un coup de karcher dans la tronche, sois content, c’est par respect.

Bien avant le début des festivités, on sent l’approche de Songkran. Dans les commerces s’alignent des rangées de fusils à eau multicolores, mais pas seulement. Les magasins vendent aussi des lunettes de protection, des pochettes waterproof pour les téléphones… Autant d’indices qui montrent que cette fête est totalement dingue. Beaucoup de thaïs profitent de ces trois jours fériés pour rentrer dans leur famille. Chiang Mai est une destination très liée au nouvel an bouddhiste. Si on souhaite y aller, il faut prévoir bien à l’avance puisque les bus sont très vite pleins. Et accepter de se retrouver coincé dans les bouchons ! Vidé d’un peu de sa population, Bangkok a un côté plus serein, moins bondé.

Mais pas partout ! A Bangkok, on converge souvent vers les mêmes quartiers pour faire la fête et s’arroser en batailles rangées. Siam, l’un des centres névralgiques de la capitale, regorge de monde et promet une bonne ambiance, bien qu’un peu commerciale à cause de la présence de stands promotionnels. Khao San Road est aussi envahie, presque trop. Nana, le quartier des bars (et de prostituées), est assurément l’un des plus fous. Des tas de gens accoudés aux comptoirs, une bière dans la main, un flingue dans l’autre, arrosent copieusement les passants. Des filles en mini-short très très mini poussent des cris suraiguës, des habitués foncent dans le tas bazooka à l’épaule, imperméable intégral et lunettes de protection pour compléter la panoplie.

11161698_10153301753804433_3960811264248431038_oOn est parés aussi ! (photo by My-Ly)

Mais tout ça ne serait pas complet sans une autre tradition de Songkran : l’argile. Ces petites boulettes à mélanger à de l’eau sont vendues partout pour trois sous. Les thaïs en mettent directement sur le visage des gens. C’est assez désagréable mais c’est également assez impoli de refuser : dans la tradition bouddhiste, ce geste est sensé porter chance. Alors soi on accepte de se retrouver barbouillé de terre par des inconnus tous les 100 mètres, soi on applique discrètement la technique du « oh tiens quelqu’un avec de l’argile, je vais aller de l’autre côté plutôt ». Ils ont l’air tellement ravis que j’ai fini par choisir la première solution…

Songkran n’est pas juste l’application douteuse d’une tradition millénaire. C’est trois jours de fête non-stop pour tout le monde, petits et grands, locaux et étrangers. C’est comme une complicité surprenante qui s’installe dans tout le pays. Et selon moi, c’est une très bonne raison d’aller en Thaïlande, même pour une semaine.

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Koh Phangan, des oursins et beaucoup d’alcool

J’avais dit que je retournerais sur au moins une île avant de quitter la Thaïlande. Koh Phangan n’était peut-être pas le meilleur choix mais après Koh Kut, il me fallait découvrir « l’envers du décor » du tourisme insulaire.

Koh Phangan, c’est évidemment l’île de la Full Moon Party. A chaque pleine lune, des milliers de fêtards affluent sur les plages caillouteuses de ce lopin de terre à 14h de route de Bangkok. Pour être honnête, il y a bien longtemps que plus personne n’attend la pleine lune pour se bourrer allégrement la gueule. Entre les pré, les post et les half moon party, les patrons de bars ont bien compris qu’un touriste bourré, c’est un touriste qui paye. Tout est prétexte à faire la fête, quand il y a vraiment besoin d’un prétexte. A fond sur leur scooter ou calés à l’arrière d’un pick-up taxi, il n’est pas rare de croiser des gens avec une bouteille à la main. Les loisirs proposés sur l’île parlent d’eux-mêmes : parcours d’obstacles gonflables à la Intervilles, pizza géantes, fêtes sur des bateaux… On est loin du charme tranquille et innocent de Koh Kut ! Dit comme ça, c’est pas super tentant. Mais je disais précédemment que chaque île avait son intérêt. A Koh Phangan, si vous voulez faire la fête entre potes, vous êtes très bien tombés.

Que dire de la Full Moon Party en elle-même ? Pas mal de médias en donnent une image complétement délirante. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était lors de la vidéo de Maxime Musqua.

Ça donne envie, non ? De mon côté, j’avais trouvé cet endroit effrayant et attirant à la fois, ça titillait ma curiosité. En vérité, la Full Moon Party n’est pas plus folle qu’une soirée bien arrosée dans un night club à Bangkok. La musique est la même, l’alcool aussi, et à mon avis, les gens aussi. Il y a juste la mer en plus, dont je me suis tenue à distance parce que je n’avais pas envie de comater le nez dans l’eau salée. De nombreuses rumeurs circulent, affirmant que des flics en civil vendent de la drogue aux fêtards pour venir ensuite les coffrer. On m’a même parlé de dealers « armés jusqu’aux dents » qui forcent les gens à acheter. Je n’ai heureusement rien vu de tout ça, même si je ne nie pas que cela existe. Dans l’ensemble l’ambiance était bonne, beaucoup moins malsaine que je l’aurais imaginée. Pour ceux qui veulent tenter le coup, un conseil : ne quittez pas vos potes d’une semelle. Il y a tellement de monde que vous ne les retrouverez pas avant le lendemain matin.

Koh Phangan est une très belle île, comme on en trouve beaucoup en Thaïlande. Il est facile de prendre des photos en mode « magazine de voyage » et de rendre jaloux tous ses amis facebook.

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Mais là encore, il y a un hic : le sable des plages que j’ai visitées était gravillonneux, et les rivages remplis de concombres de mer, d’oursins et autres saletés. Mais on reste sur une île thaïlandaise, donc il est quand même possible de trouver de belles plages et des endroit paradisiaques !

Dans l’ensemble, Koh Phangan pourrait être une belle île mais la présence de tous ces fêtards n’aide pas. Je ne pense pas qu’il y ait de touristes plus irrespectueux que ceux qui ont décidé de boire jusqu’au coma éthylique. Ils font la fête sur la plage et la laissent dans un état déplorable, balancent leurs déchets par terre et considèrent que c’est au personnel de ramasser parce qu’ils sont « payés pour ça »…

Alors est-ce qu’il faut y aller ? Vous vous attendez peut-être à ce que la réponse soit « non », je dirais plutôt « pourquoi pas ». Koh Phangan, c’est une expérience. Honnêtement, je me suis éclatée là-bas parce que j’y suis allée avec un bon groupe ! Mais si vous avez le temps, prévoyez ensuite un séjour à Koh Tao : là-bas, on en prend plein les yeux.

Parlons beauté au Royaume de Siam

Les codes vestimentaires et esthétique changent pas mal d’un pays à l’autre. Si on a une vague idée d’à quoi peut ressembler une jolie asiatique, il est difficile pour nous européens de se rendre compte qu’il y a de sacré nuances entre les différents pays d’Asie.

Cette question de l’esthétique prédominante n’est pas juste bassement superficielle. Je m’explique : pour aller au Cambodge, j’avais prévu la dose de pantalons, et de tee-shirts pour couvrir mes épaules. Et j’avais bien fait, car même si elles sont vraisemblablement plus libérées que le reste des khmères, les femmes de Phnom Penh ont un style relativement pudique. Deux raisons à ça : un pays moins développé laisse souvent moins de libertés aux femmes. Mais aussi, il y a cette question de blancheur. Là bas, plus on est blanc et plus on est beau. Et si on se promène en short et débardeur, on va pas rester blanc longtemps.

Quand je me suis retrouvée à Bangkok, j’étais au contraire totalement en décalage. Ici, les femmes n’ont peur de rien. Les robes et les short sont courts, les débardeurs ont la cote… Et ça n’embête personne. Du coup j’ai du un peu investir (oh zuuuut du shopping) ! Parce que le problème, il n’est pas juste esthétique : quand il fait 35 degrés dehors et qu’on ne peut pas marcher cinq minutes sans transpirer à grosses gouttes, on est content de pouvoir réduire le nombre de centimètres carrés sur la peau.

Le culte de la blancheur est encore plus présent à Bangkok, où il est difficile de trouver des gels douches qui ne blanchissent pas la peau. Ici beaucoup se promènent avec une ombrelle. Et ceux qui n’en ont pas s’abritent tant bien que mal sous un sac ou même un bouquin. C’est impressionnant de voir à quel point un simple rayon de soleil est aussi pénible pour eux qu’un peu de pluie pour nous. Le jour où je suis revenue de Bang Kachao cramée des pieds à la tête, tout le monde me dévisageait dans la rue. Ici, les coups de soleil n’existent pas parce que les gens font très attention.

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J’ai douillé.

Côté style, on n’est pas au Japon mais le cute est quand même particulièrement apprécié. Il n’est pas rare de croiser des filles aux vêtements imprimés chatons, oiseaux ou même tour Eiffel. Et les vêtements sont souvent dans des tons pastels. La Thaïlande est un bon endroit pour faire le plein de fringues mignonnes et régressives, mais attention : tout est petit ! De même qu’au Cambodge, il est très rarement possible d’essayer les fringues. Donc tout est pourvu d’élastiques. Mais ça n’empêche pas de coincer ! Dépasser les 1m70 ou faire un bonnet C est déjà problématique. C’est là toute la logique de la chose : beaucoup de thaïlandaises sont fines et petites. Elles peuvent donc porter du court sans que ça paraisse vulgaire. Par contre si on commence à faire pareil, l’effet risque d’être sensiblement différent !

Pour ma part, j’apprécie énormément le style de vêtements qu’on peut trouver ici. Chatuchak, l’immense marché du week-end, est une véritable caverne d’Ali Baba pour moi ! Par contre, je me retrouve face au dilemme de tout voyageur qui se respecte : si j’achète trop, je ne pourrais pas tout faire rentrer dans ma valise. Et en plus ce qui est stylé ici, peut très bien être ridicule en France !

Un week-end à Koh Kut

Ça fait deux mois et demi que je suis en Asie, et je n’étais même pas encore allé faire un tour sur une île. Le problème est réglé, et en beauté ! Je reviens de quatre super jours à Koh Kut, au large de Trat. Si vous manquez sérieusement de soleil, je vous déconseille de lire cet article !

La Thaïlande possède tout un tas d’îles paradisiaques assez faciles d’accès depuis Bangkok. Ce qui est intéressant, ce qu’elles ne sont pas toutes peuplées et aménagées de la même façon. Certaines sont très sauvages, d’autres très touristiques. Il y en a des toutes petites, des immenses, des cachées, des très connues… Et on ne choisira pas la même si on y va entre potes, en famille ou en couple. En clair, il y en a pour tous les goûts !

Koh Kut, je l’ai faite entre potes : nous sommes partis à quinze et nous avons retrouvées d’autres personnes là-bas. Au final, nous étions une vingtaine à nous connaître sur l’île.

selfiegroupeOn est pas beau ? (photo by My-Ly)

Honnêtement, je ne conseillerais pas forcément aux bandes de potes de choisir cette île pour partir s’amuser. Tout le long de mon séjour là-bas, j’ai trouvé que c’était l’endroit idéal pour un week-end en couple. L’ambiance est très calme est détendue, il y a peu de monde, les paysages sont paradisiaques et les resorts romantiques sont nombreux (et vides). C’est là tout le paradoxe de Koh Kut : cette île a beau être magnifique, elle n’attire pas encore beaucoup de touristes. En fait, cela fait moins de dix ans qu’elle est dans les guides touristiques. Et avant ça, elle était fermée à cause d’un conflit avec le Cambodge. Du coup, les touristes commencent tout juste à la découvrir. Quand on trouve une belle plage, on est heureux de pouvoir y poser sa serviette sans devoir se battre pour trouver un mètre carré de sable libre. Les bars sont plutôt petits, mais jamais surpeuplés, de même que les restaurants. J’ai adoré cette île, mais si on veut passer quelque jour à faire la fête jusqu’au bout de la nuit, mieux vaut en choisir une autre.

Côté visites, il y a de quoi faire. Des plages plus paradisiaques les unes que les autres sont cachées un peu partout sur les côtes de l’île. Inutile de préciser que l’eau est clair comme du cristal, et le sable fin comme du sucre glace. Sur tout un côté de l’île, un type s’est amusé à donner aux plages les noms de personnages de Peter Pan. Cela donne à Koh Kut un petit côté pays imaginaire !

plage1OUI, j’étais là-bas. Je m’en remets toujours pas.

Dans les terres, on peut trouver de petits lacs alimentés par des cascades. Même si l’eau est trouble à cause du manque de courant, il fait plutôt bon s’y baigner. Par contre, comme il n’y a pas beaucoup de monde les animaux sont ici chez eux. Quand la végétation est dense, mieux vaut mettre de bonnes basket et taper des pieds pour éloigner les serpents. L’île abrite quelques villages de pêcheurs assez fascinants. Les maisons sont montées sur pilotis, au-dessus d’une eau claire pleine de gros oursins noirs et de petits poissons. On peut y manger de délicieux poissons et fruits de mer pêchés sur place.

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J’ai dit que Koh Kut n’était pas idéale pour faire la fête, mais je me dois de nuancer. Je ne sais pas si je retournerais un jour dans des bars aussi agréable que là-bas. Déjà, tout le monde doit se déchausser avant d’entrer. Ca parait anodin mais je trouve que ça a un côté sympa, plus intime. Généralement, les patrons n’ont pas grand chose à faire puisqu’il n’y a pas beaucoup de monde. Du coup quand ils voient de grands groupes comme nous arriver, ils sont aux petits soins !

Ce week-end, ça m’a donné envie de découvrir encore d’autres îles. Je pense que c’est l’un des gros avantages de l’expatriation en Thaïlande. Ces plages paradisiaques ne sont pas très loin, et pas si chères : en comptant le voyage, le logement et la nourriture, j’ai dépensé à peine plus de cent euros ! Et je compte bien visiter au moins une autre île avant de quitter l’Asie !

En plein cœur de Bangkok, une inquiétante tour fantôme

La Ghost Tower est un gratte ciel abandonné en plein milieu de sa construction. Y faire un tour, c’est sortir un peu de sentiers battus du tourisme à Bangkok, mais aussi évoluer dans un véritable décor de film d’horreur.

Avant de vous raconter notre visite de ce lieu mythique, j’aimerais vous parler un peu de l’urbex. Ce mot vient de la contraction de « urbain » et « explorer ». Concrètement, il s’agit de visiter des lieux délaissés, souvent en pleine ville. En se renseignant bien sur une ville, on peut y découvrir tout un tas d’usines, églises, et même prisons abandonnées… Parfois laissées en l’état comme si leurs occupants étaient partis précipitamment. Lyon est une ville formidable pour l’urbex. Comme sa création remonte à l’Antiquité, on y trouve des vestiges historiques de nombreuses époques. Ses sous-sols sont par exemple sillonnés de mystérieux sous-terrains, et la ville est pleine d’églises inquiétantes mystérieusement fermées. Mais des « spot » d’urbex, on peut en trouver dans le monde entier.

La Ghost Tower est un peu un vestige historique à sa façon. Sa construction a débuté en 1990 et s’est brusquement arrêtée en 1997, lorsque le cours du baht s’est effondré à cause des spéculations immobilières. Plusieurs buildings à l’abandon témoignent de cette époque, à différents endroit de Bangkok. Mais la tour de Sathorn Unique, située près de la station de métro aérien Saphan Taksin, est l’une des plus connues. Elle est sensée être interdite au public, il est en réalité très facile d’aller s’y balader. Le gardien des lieux exige juste quelque billets pour laisser passer les visiteurs.

Une fois à l’intérieur, on est frappés par le côté gigantesque de la tour. Rien que le parvis en impose.

DSC01251Tu dis plus rien là hein !

Le building en lui-même fait 49 étages et aurait du proposer environ 600 appartements de luxe. En se promenant d’étages en étages, on peut y trouver des objets divers comme un portrait du roi, des cendriers ou même des toilettes. Je n’ai d’ailleurs pas compris le concept de monter des toilettes là-haut avant d’avoir posé le carrelage des salles de bain… Évidemment, il y a des tas de tags partout. Et comme le lieu est assez inquiétant, les gens se sont amusés à écrire des trucs qui font peur du genre « the end is near » ou « everything stop here ».

Mais le plus intéressant se situe sur le toit de l’immeuble. Bien sûr, parce que sinon ce serait trop simple, il faut d’abord grimper les 49 étages à pieds. Et la grimpette est ponctuée de « ouch » et de « oups » de tous ceux qui trébuchent sur des bouts de métal dépassant du sol. En haut, c’est un incroyable spectacle : une vue imprenable sur Bangkok, ses temples, ses tours et ses parcs. J’ai été très surprise en arrivant sur le toit de découvrir une trentaine de personnes visitant les lieux. Sathorn Unique est assez connue des touristes et de nombreux jeunes affrontent la grimpette pour découvrir Bankok dans ce cadre exceptionnel. Concrètement, on avait la même vue que sur un bon rooftop : sauf qu’on a juste eu à payer l’entrée à 150 baht, plutôt qu’un cocktail hors de prix.

DSC01258Mes photos sont moches mais en vrai c’est beau.

Mais pourquoi « ghost » ? Vous l’aurez compris, cela fait référence aux « fantômes » de la crise de 1997. Mais c’est aussi parce que certains thaïs pensent que la tour est hantée. En Asie du Sud-Est, les fantômes font partie intégrante de la culture populaire. A Phnom Penh, des khmers refusent d’emprunter certaines rues, parce qu’ils considèrent qu’elles sont hantées. Il faut avouer que Sathorn Unique est l’endroit idéal pour tourner un film d’horreur… Ou pour faire des photos de mode.

DSC01255Huhu

Les merveilles des tables thaïs

Je n’ai même pas pu attendre plus de deux semaines pour vous parler de la nourriture en Thaïlande. Lors de mon premier soir à Bangkok, j’ai mangé un Pad Thaï, plat typique à base de nouilles et de soja cuits dans l’oeuf. On m’a dit qu’il n’était pas très bon, bien qu’il suscita une explosion de saveurs dans ma bouche : le ton était donné.

Il faut croire que les thaïs savent vivre. Le moindre petit plat, aussi simple et modeste soit-il, est un festival d’odeurs et de goûts inattendus. Et je n’exagère même pas ! Une fois, j’ai acheté dans la rue une simple portion de poulet. Celle-ci avait un goût parfaitement équilibré entre le citronné et le pimenté. Pratiquement tout est assaisonné avec des tas d’épices différentes. Mais attention : quand un thaï vous dit qu’un plat n’est pas spicy, mieux vaut se méfier. Ici, le piment est roi. Et certains plats piquent tellement qu’il est difficile de les finir…

Mais qu’est-ce qu’on mange ?

Venons-en à l’essentiel : la cuisine thaï se compose souvent, comme dans beaucoup de pays d’Asie, d’une base riz. Parfois, cela peut être des nouilles. La viande est souvent découpée en fines tranches, qui rend sa cuisson délicieuse. La raison n’est pas juste culinaire : ici, on n’utilise pas de couteau lorsqu’on mange, mais plutôt une fourchette et une cuillère, ou alors des baguettes. Comme au Cambodge, les légumes sont croquants et pleins de goûts. Comme dit plus haut, le piment est le roi des assiettes. On ne trouve pas de sushis dans la cuisine thaï, mais des nems sont souvent vendus dans les street foods. Les soupes sont moins populaires que chez les khmères. J’ajouterai que, comme en France, un même plat aura rarement le même goût d’un restaurant à l’autre. Dans la petite gargotte où je vais souvent manger le midi, mon plat préféré est le sweet and sour : du riz, du poulet coupé en lamelles, des légumes et une sauce sucré-salée. J’aime rajouter de la sauce au piment, mais avec parcimonie ! J’apprécie aussi le green curry, qui pique d’une façon très particulière.

DSC01281Et il y a du poisson, of course !

Tu n’auras jamais faim en Thaïlande

L’autre chose qui a émerveillée l’amoureuse de la bouffe que je suis, c’est la disponibilité de la nourriture. Ici, il y a des vendeurs de rues absolument partout. Au début, je pensais que leur cuisine ne serait pas géniale, mais la qualité de leurs plats est digne d’un petit restaurant. Les vendeurs de rues plient bagages assez tard, puisqu’ils vendent aux gens sortant du travail.

DSC01246Un exemple de nourriture vendue dans la rue

Mais si on a un petit creux à 4h du matin, pas de problème ! Certains restaurants restent ouverts toute la nuit. Des 7 eleven, supérettes qui ont bien trouvé leur nom, sont ouverts 24h/24 et sept jours sur sept. On y trouve beaucoup de choses, des chips jusqu’aux yaourts en passant par le shampooing, les objets de papeterie et les cartes SIM. On peut y réchauffer ses plats achetés sur place, et certains proposent même des coins cafés, où on peut se préparer soi-même sa boisson chaude ou froide. Et en plus, les produits vendus ne sont pas très chers. Soyons clairs : les 7 eleven sont une invention divine. Au Cambodge, tout ferme très tôt et si on n’a plus d’eau en bouteille, hé bien on boira celle du robinet aromatisée au plomb. Même en France, il est difficile de s’acheter à manger après minuit, ce qui n’est pas très pratique pour les noctambules.

Mais Bangkok en devient presque diabolique : ses Mac Donald sont ouvert eux aussi 24h sur 24, et ils LIVRENT A DOMICILE. Autant dire qu’avec tout ça, je peux souhaiter bon retour aux 5 kilos que j’ai perdus au Cambodge… et dire bonjour à leurs 5 petits frères !

Bangkok, septième jour

Me voilà à Bangkok depuis une semaine. Passé le choc du dépaysement (parce qu’il y en a un !), voici mes impressions sur la plus grosse ville d’Asie du Sud-Est.

Comme je le disais ici, Bangkok est une ville carrément immense, qui compte plus de huit millions d’habitants. Elle n’est situé qu’à une journée de bus de Phnom Penh, mais elle n’a rien à voir. Parlons encore de Phnom Penh (je ne m’en lasserais jamais). Pour ceux qui débarquent en Asie, elle semble labyrinthique et un peu chaotique. En vérité, l’agencement de ses rues est assez simple et l’ensemble est plutôt petit. On prend très vite ses repères et on apprend à ne plus s’étonner de la poussière, des gamins qui nous sautent dessus pour qu’on leur donne des sous, des travaux partout et des gens qui dorment par terre. A Bangkok, tout est plus codifié. C’est le cas dans beaucoup de pays, non ? Les villes plus grandes sont souvent plus guindées.

J’ai tout de suite été éblouie par la nuée de buildings aux façades étincelantes. Ce n’est pas comme à Paris par exemple, où les gratte-ciels sont réunis principalement dans un quartier. Ici, il y en a partout. Pourtant, Bangkok est plutôt belle. Parce qu’au pied de ces géants s’étendent des parcs ici et là, des arbres, des canaux… La culture asiatique se ressent beaucoup, depuis les toits pointus des constructions jusqu’aux autels bouddhistes cachés partout.

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Et puis il y a toujours ce capharnaüm apparent, lié au fait que je suis dans un pays étranger dont je ne connais pas les codes. Les bus aux terminus obscurs et au plancher de bois défoncé, les avenues qu’on traverse en serpentant entre les voitures, les énormes marchés qui vendent de tout et n’importe quoi… Avec le temps, c’est cet aspect là du voyage que j’apprécie le plus.

Malgré tout, la campagnarde que je suis a du mal à s’habituer à une ville aussi immense. Honnêtement, je ne comprends même pas comment on peut rouler aussi longtemps dans une ville, sans déboucher dans la campagne. Il y a un côté frustrant à se dire qu’après deux mois ici, je n’aurais même pas vue la moitié de la ville. Je suis furieusement en manque de silence et d’air pur. Ici, il y a moins de poussière car plus de béton. Mais surtout plus de pollution.

Côté pratique, Bangkok a ses avantages. Évidemment, il est toujours difficile de trouver ces choses qui me manquent tant (mon royaume pour du fromage !!). Mais je vous parlerais plus longuement des supérettes ouvertes 24h/24h, de l’impressionnant nombre de restaurants hyper variés et de la bouffe de rue à tomber. J’avais décidé d’écrire un article sur la nourriture à Phnom Penh, chose que je n’ai finalement jamais fait. Mais ici en Thaïlande, je ne pourrais pas y couper !

Une petite remarque enfin par rapport à la semaine dernière. J’ai pris l’avion le mercredi 18 pour rejoindre la capitale Thaïlandaise. J’ai donc dérogé à ma règle des « un article tous les mercredi ». Mais pas de panique à ceux qui me lisent assidument (ma mère quoi), je continuerais à publier toutes les semaines !