De l’art de ne pas passer pour une vieille serpillère en été

Aaah les vacances d’été… La glandouille, les cocktails, les soirées interminables, les idylles … Mensonges ! Depuis qu’on est sortis de l’œuf, les yeux plein d’étoiles, on s’imagine que chaque mois de Juillet et d’Aout seront d’interminables moments de joie et de plénitude, sans cette torture physique et mentale que représente le travail. Et tous les fabricants de cahiers de vacances n’y pourraient rien changer ! Dés que la dernière sonnerie de l’année retentissait (ceci est une image, fort heureusement pour mes tympans il n’y a jamais eue de sonnerie dans mon école), on balançait nos cartables, brulait nos cahiers, et c’était parti pour ne plus RIEN faire de contrariant pendant deux mois. A l’époque, j’étais convaincue que c’était une tradition, et qu’elle durerait toujours. Parce que chaque année de travail devait être ponctuée d’un gros break et c’était normal.

Et puis la majorité est arrivée. Mes parents m’ont dit que si je bossais pas pendant un mois l’été de mes dix-huit ans, ils me renieraient et j’irais brûler en enfer. Ce jour-là je n’ai pas compris : travailler pendant les VACANCES ? Mais pourquoi ? C’est là que la vérité s’est imposée à moi : les vacances, c’est pas fait pour glander. MAIS voilà : certains glandent quand même. En bonne étudiante, j’ai quatre mois de vacances. J’ai donc décidé de pas foutre grand-chose les deux premiers mois, et de bosser en intérim les deux suivants. Malheureusement ce n’est pas le cas de tout le monde. Il y a énormément de gens (la plupart en fait) qui travaillent tout l’été, parce que comme on dit chez moi, l’argent ça se trouve pas sous le sabot d’une vache laitière. Cela ne me dérangeait pas jusqu’à ce qu’en soirée on me demande « et toi, tu fais quoi cet été ? ». Non préparée à cette situation, je ne pu répondre qu’un pitoyable « ben…rien », chutant immédiatement dans l’estime de tous les protagonistes de cette conversation, condamnée à me balader avec « fille à papa » écrit en gros sur le front, transformée en serpillère humaine.

Bah quoi ?

Les lapins, eux, n’ont pas ce problème

     Vous l’aurez compris, ne pas travailler en été, pour certains, c’est la loose. Mais pas question de s’écraser pour autant : on peut être stylé en toutes circonstances. Quelques astuces pour vous débarrasser du statut de serpillère.

      1) Même si vous n’avez rien à faire, prétendez toujours que vous êtes super occupés. Recouvrez votre bureau de post-it, quittez votre appart en marchant vite et en claquant la porte (très efficace quand on est en coloc), et n’oubliez pas en soirée de préciser que vous ne pourrez pas rester longtemps (même si au final vous faites la fermeture)

           2) Présentez ces plusieurs mois d’inactivité comme un moment de détente karmique visant à ouvrir vos chakras pour atteindre l’inspiration ultime. Découvrir de nouvelles cultures, trouver au fond de votre âme le génie profond des dieux oubliés, ce n’est pas obligé de vouloir dire quelque chose mais ça doit avoir de la gueule.

       3) Mettez en valeur tout ce que vous faites durant ces vacances en montrant bien que ça vous prend du temps (projet associatif, stop motion , dressage de babouins…). Parce qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie, il y a aussi les projets à côté. En étant habile, vous arriverez même à faire croire à votre interlocuteur que vous êtes plus intéressant que lui et qu’au final, bosser, c’est la loose.

            4) Et vous recevrez un bonus de style si vous partez en voyage : détaillez les lieux que vous visitez, les activités que vous ferez… Attention, ici tout réside dans la formule. On ne dit pas « je vais passer deux mois à me peler les miches chez mon grand-père en Bretagne », mais « je pars pendant deux lunes à la découverte de la culture celtique chez l’habitant ».

Ou alors vous pouvez toujours vous moquer de votre interlocuteur. Parce que peut-être qu’au final il aura plein de pognon, mais pour l’instant celui qui prend un peu le temps de se la couler douce, c’est vous.

Smoutchis, Liloo

PS : Merci à la CAF, la fac, mon chien, mon permis de conduire en attente et mon agence d’intérim qui m’empêchent de concrétiser le dernier paragraphe de cet article. Vive l’été.

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Radiographie d’une page facebook

On connait tous ça : lorsqu’on rencontre une personne pour la première fois, parfois elle aiguise notre curiosité : on voudrait savoir si elle est cool, réellement sympa, langue de vipère…Peut-on lui faire confiance ? Aime-t-elle les lolcats ? Avant, pour le savoir, il n’y avait qu’un seul moyen : faire ami-ami. Il fallait la fréquenter régulièrement, avoir des centres d’intérêts communs, discuter avec elle…Mais quelle perte de temps ! Désormais nous sommes au XXIem siècle, alors si on a envie d’en savoir plus sur une récente rencontre au détour d’une soirée, rien de plus simple : checkons sa page facebook !

Mais comment le facebookien aguerri décortique-t-il une page ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir, grâce à l’analyse de cet aperçu savamment censuré pour protéger l’anonymat de sa propriétaire (merci Paint). (cliquez pour agrandir)

mur

1) Un dessin en guise de photo de profil : c’est une artiste. Ou alors c’est un dessin d’elle fait par quelqu’un d’autre. Dans tous les cas, elle fréquente une communauté d’artistes , par conséquent il semblerait que c’est quelqu’un de cool. Un point pour elle.

2) Une vidéo musicale : elle n’hésite pas à afficher ses goûts musicaux, et c’est pas du Colonel Reyel ou du Johnny Halliday. On peut donc supposer qu’elle a bon goût, et comme elle s’intéresse à la musique, c’est bien aussi.

3) Elle a 249 photos d’elle. Ca peut induire deux choses : soit cela confirme les deux premiers points, elle sort beaucoup, du coup beaucoup de gens la prennent en photo. C’est définitivement quelqu’un de cool, à ajouter d’urgence. Ou alors ce sont toutes des photos où elle s’est prise elle-même. Des albums entiers de sa petite personne, sous différents angles et avec différentes duckfaces : fuyons !

4) Elle a 257 amis. Joli numéro ! On peut ainsi supposer que c’est plutôt la première solution du point 3 qui est juste. Cette personne est donc bien quelqu’un de cool, de populaire et tout. Elle grimpe dans l’estime du facebookien observateur !

5) Et ça continue ! Ce chiffre n’est donc pas lié à un quart d’heure de célébrité éphèmère : elle est toujours dans le coup.

6) Ah tiens, elle a un pseudo à la mords-moi le noeud ! Quelqu’un d’intéressant ? (ou attention whore ?)

7) Ah tiens, des photos à la mords-moi le noeud ! On voit ici que la tête du sujet n’est pas visible : c’est peut-être quelqu’un de complexé qui n’aime pas montrer sa tronche. De plus, ces photos sont toutes plus illogiques et hétéroclytes les unes que les autres. Il semblerait que cette personne soit une adepte des private jokes, c’est une déconneuse : n’hésitons pas à lui dire des conneries (si on la rencontre un jour irl)

8) « Glucide » semble être quelqu’un qui veut se démarquer en mettant des info bidons et originales (en même temps, les trois quarts de facebook habitent sur mars et parlent klingon). Quel sens de l’humour décapant…

9) VRAIMENT décapant ! Qu’est-ce qu’on rigole !

10) Non content d’être une personne très drôle, Glucide raconte des trucs passionnants. On pourrait donc imaginer que c’est quelqu’un sans intérêts, mais…

11) Ca intéresse tout le monde. Peu de gens peuvent se vanter de récolter plusieurs « j’aime » et commentaires lorsqu’ils racontent qu’ils ont mangé un steak ou qu’ils sont allé aux toilettes. Contrairement aux apparences, ce statut est donc un détail à ne pas prendre à la légère.

12) Elle joue aux Sims. Sur facebook. Et comme chacun sait que facebook est diaboliquement chronophage, on peut en conclure qu’elle joue TOUT LE TEMPS aux Sims : c’est une geek.

13) Non mais, une PURE geek.

14) Mais au final, elle m’a en amie. Du coup c’est quelqu’un de bien.

Après analyse poussée, on peut en déduire que Glucide est une artiste, intéressante, geek mais très sociable. SAUF qu’on sait tous que sur une page facebook, chacun fait bien attention à ressembler à ce qu’il aimerait être. Donc au final, c’est hyper trompeur et cette « radiographie » ne sert à rien. Allez plutôt taper la causette à Glucide.

Smoutchis, Liloo.

PS : Je tiens à remercier mon amie qui m’a gentiment prêtée sa page facebook, et à décliner toutes responsabilités en cas de présence éventuelle de préjugés stupides et de bas à-prioris dans cet article.

Job d’été, mon amour

Salut à vous les amis ! Vous faites quoi pendant les vacances ? Farniente, plage, sorties entre amis ? Moi, durant ce mois d’aout (parfois) ensoleillé, je travaille ! Mais je ne suis pas du tout déprimée, parce que je sais que je vais par la suite avoir beaucoup d’argent ! Et puis si j’étais pas à l’usine, je glanderais chez moi et à quoi ça sert de se reposer, hein, je vous le demande ? Et puis bon, le soleil ne me réussit pas. Récit de la découverte du monde du travail, par une innocente et motivée jeune fille de dix-huit ans.

1er Aout : Coup de fil de mon agence d’intérim chérie. « On a besoin de toi dans deux heures, t’es dispo ? » Désespérée, je me vois obligée de décliner l’offre, car je n’ai pas de voiture pour m’y rendre. Une heure après, re-coup de fil de mon agence d’intérim chérie, qui décidément m’aime bien. « On a besoin de toi dans deux heures demain, t’es dispo ? » Je saute de joie, hurle à travers toute la maison et danse la lambada : j’ai un jooooooob !!

2 Aout : Me voilà donc sur mon nouveau lieu de travail. Je rencontre une autre petite nouvelle comme moi, donc je me sens moins seule. Le patron nous salue : c’est un grand type à l’air super sympa, je sens que je vais bien l’aimer ! Nous pénétrons dans l’usine, maintenue à 4°…ça pique un peu ! Et j’ai un look d’enfer avec ma combinaison de protection, mes gants, mon masque, mon indétrônable charlotte et mes bottes de cosmonaute ! Mais je ne laisserais pas ces détails entamer ma motivation. On me confie ma première tâche : ouvrir des seaux remplis d’oeufs durs avec une cuillère en métal. Pleine de bonne volonté, j’empoigne la cuillère et je me met au boulot. 5 minutes après, j’ai troués mes gants, j’ai froid aux mains et je me suis entaillés trois doigts (OUI avec des seaux, ça vous arrive jamais ?). Ravalant ma douleur, je garde le sourire sous mon masque, et je vais chercher des pansements. Puis on me fait passer à un autre travail. J’ai ainsi le loisir de discuter avec mes collègues, toutes des femmes. Tiens donc, elles ont la sympathie d’un bouledogue sénil ! Pas d’inquiètudes, c’est sans doutes parce qu’elle sont très concentrées sur leur tâche. Quel zèle ! Je suis admirative. Tiens, juste une demi heure de pause pour 7 heures de travail ? Bah, si c’est autorisé, ça ne doit pas être si difficile que ça ! Je m’habituerais. Je ressort de l’usine, fourbue mais contente : j’ai gagné la formidable somme de 60 euros aujourd’hui !

3 Aout : Coup de fil de mon agence d’intérim « Liloo, aujourd’hui tu va changer d’usine, tu va emballer des fruits de mer congelés ! » Des fruits de mer, comme c’est original ! J’espère que ça ne pue pas trop ! Un peu fatiguée, je vais à la rencontre de ma nouvelle patronne : une grosse dame très habile dans l’art d’aboyer, répondant au doux nom de Germaine. Germaine m’aboie gentiment d’aller m’habiller. Rebelote, je passe l’uniforme adéquat. Puis, accompagnée de quelques autres novices, je découvre l’art de mettre des bouts de poulpes durs comme du bois dans des sacs, avant de les peser. Je me demande si ça me servira dans la vie ? La journée se déroule, lentement, mais je met du coeur à l’ouvrage : je suis jeune et dynamique ! On passe alors aux crevettes : ces drôles de bestioles font la taille de mon poing et ont des espèces de dards, qui sont en fait leurs antennes congelées. A la fin de la journée, je grimace un peu : je me suis fait une large coupure dans la paume de la main (OUI avec des crevettes, ça vous arrive jamais ?). Mes courbatures persistent ; j’espère que mon corps finira par s’habituer à ce rythme ! Quoiqu’il en soit, j’ai gagné 60 euros aujourd’hui.

5 Aout : Les courbatures ne m’ont pas lâchée. Je suis fatiguée et un peu déprimée…il fait très beau dehors. Par contre je m’entend bien avec les autres newbies, ce qui rend la courte pause de midi un peu plus agréable. Toujours que des nanas dans cette usine, excepté les chefs, mais je suis trop fatiguée pour m’interroger sur l’égalité hommes/femmes. En revenant de ma pause, je rassemble les forces qui me restent et je plonge ma pellette dans la benne pleine de crustacés. Au bout de plusieurs heures à pelleter, je sens un « crac » sinistre au niveau du poignet. Trop concentrée dans ma tâche, je continue à bosser et tente d’ignorer la douleur (décidément, je suis une warrior). Après cette dure journée, je passe la soirée avec une copine, qui m’avoue que mes cheveux sentent la crevette. Mon poignet est tout bizarre et il a doublé de volume…en plus je n’ai gagné que 60 euros aujourd’hui.

9 Aout : Je n’ai pas renouvelé à l’usine de fruits de mer, bénissant mon poignet qui me servait de parfaite excuse. Mais cet enfoiré a décidé de se rétablir pendant le week-end, et je n’ai pas pu refuser la nouvelle proposition de job de ma fucking agence d’intérim. Je découvre alors mon nouveau lieu de travail : finis les 4°, finis les masques, charlottes A LA CON et bottes auto-transpirantes. Profitant de ce moment de répit, je note quand même que je fais 8h30-17h : des journées complètes. Lycée, es-tu là ? Mon travail, c’est de retirer des trucs non-identifiés en plastique de cartons pour les mettre dans d’autres cartons. Travail qui semble à première vue facile, mais qui se révèle par la suite meurtrier. Non pas à cause du cutter qu’on a osé mettre entre mes mains, mais simplement à cause du passage de mes bras dans les cartons, qui m’entaillent peu à peu l’intérieur de mes bras et mes poignets (OUI avec des cartons, ça vous est jamais arrivé ?). EN PLUS j’ai le droit à la visite environ toutes les demi-heures d’un relou de quarante ans qui s’est mis en tête de me draguer. Oui parce qu’il n’y a que des mecs dans l’entrepôt, bizarre non ? Bref, ce type est laid, il sent pas bon, et il est persuadé d’avoir une chance avec moi. Je suis quelqu’un de gentil alors je souris poliment, mais ça va pas durer. Non seulement on me prend désormais pour une jeune émo suicidaire, mais je récolte toujours la misérable somme de 60 fucking euros.

12 Aout : Me voilà de retour à l’usine du 3 Aout. Les gens sont toujours aussi aimables, les seaux aussi. Et pour bien commencer la journée, je me prend un jet d’eau bouillante en plein dans le bras. A l’heure où je vous parle, il est couvert de petits points rouges. Et j’ai renoncé à compter l’argent que je me suis fait cet été tellement c’est dérisoir par rapport à un loyer d’appart.

Smoutchis, Liloo

Pourquoi j’aime pas la plage

CA, c’est du titre hyper explicite de schtroumpf grognon. Mais en cette période estivale, j’avais envie de pousser mon coup de gueule contre une grosse arnaque qu’on nous ressert chaque années depuis les trente glorieuses (révisions du BAC représente).

Ors donc, chaque été, la plage est sensée être la destination privilégiée de tout français qui se respecte. C’est celle qui coûte cher, celle qui donne envie, celle à laquelle on rêve en Novembre, coincé derrière les fenêtres glacées d’une salle de cour. La télé et le cinéma nous assomment à coup de sable fin, certifiant que c’est là-bas qu’on trouvera l’idylle, le cocktail parfait, le bronzage de star. La plage, c’est fait pour draguer et être dragué, c’est là qu’on est les plus beaux, on devient tout à coup potentiellement baisable.

Aloha, qu'ils disaient...

Vous voyez ça ? Bah c’est de la connerie par pack de 12.

Mais que nenni ! Pour moi, la plage est une machine à monstruosités. D’abord, par définition, ya la mer juste à côté. Du coup l’air est hyper humide, et en plus comme c’est tout plat, ya beaucoup de vent. Vous suivez mon développement ? Brushing naturel forcé ! Dés que je sors mes pieds du sable pour revenir sur le bitume, j’ai la coiffure de Bernadette Chirac. Fucking air marin ! En plus, une des caractéristiques de ce lieu dangereux, c’est que (généralement) il y a du soleil. Beaucoup trop de soleil. Et moi qui suis blanche comme un fantôme, même avec de la crème indice 50, je me retrouve inévitablement brûlée au second degrés. En plus, il y a ce truc idiot et inutile : les VAGUES. Mais pourquoi les gens ont-ils l’idée complètement déraisonnable d’aller se lancer-là dedans ? A peine tu t’approches, tu te fais embarquer par un rouleau qui fait deux fois ta taille. Les vagues semblent être dotées d’une pensée propre, et d’un but unique : nous ridiculiser le plus possible. La dernière fois que j’ai tenté le coup, je me suis fait attraper, tournoyer, arracher violemment mon maillot de bain, puis planter dans le sable comme un crétin de bout de bois. On résume donc : quand je retourne sur ma serviette, je suis rouge pivoine mâtinée de dépôts blancs chelous, mes cheveux font deux fois la taille de ma tête, je suis recouverte de sable des pieds à la tête, et j’ai probablement une ou deux dents cassées. Comment puis-je être fuckable dans ces conditions, expliquez-moi ?

Et c’est pas tout : déjà que cette terre est un milieu hostile, la population, elle, l’est tout autant. Je ne parle pas des autochtones bien sûre, qui ont depuis toujours la bonne idée de laisser la place au pire des fléaux : les touristes benêts qui viennent en masse. Bien souvent, ce sont des familles qui viennent ici pour faire plaisir à leurs mômes. Ya le père, la mère, la tata, le tonton, et tout une tripotée de marmaille. Ceux-là courent partout, font des trous, secouent leurs serviettes dans ta direction, et le pire de tout : ils CRIENT ! Et vous n’avez pas intérêt à faire le moindre commentaire : vous serez automatiquement gratifiés de regards outrés et de remarques cinglantes de ces parents stupides qui voient leurs gosses comme les plus grandes merveilles de l’univers (les parents ne devraient pas avoir d’enfants, sérieux. Ou alors ils devraient les détester (là je suis méchante)). On aura également droit à la caméra familiale, où vous ne désirez pas franchement apparaître, mais où vous n’avez pas le choix parce que vous êtes juste derrière. Si ce n’est pas eux, alors ce sont des kékés grâcieusement saucissonées  dans leurs moules-bites, le crâne rasé sur les côtés et les lunettes de soleil de mouche sur le nez. Programmés pour draguer tout ce qui possède une paire de seins et moins de quatre ou cinq bourrelets, ils vous servent des arguments à la noix tels que « vazy j’ai d’la bonne ça te tente une soirée sur la plage tonight ? » ou « yo t’a des jolis bras toi chui sûre tu serais partante pour un beach volley ! ». Est-on obligés de subir tout ça ? Bah oui : c’est la plage.

Donc cette année, montagne. Et je dirais même : fucker beach !!

Smoutchis, Liloo

PS : Le fait que je sois coincée dans la Picardie profonde explique sans doute la morosité de cet article. SOS.

Loose facebook #5 : Joyeux anniversaire !

Ah, les anniversaires, ce n’est plus ce que c’était. Avant, deux ou trois personnes s’en souvenaient, ça restait un jour banal, mais agrémenté de petites surprises inattendues. Aujourd’hui, si un ami ne vous souhaite pas votre anniversaire le jour dit, il ira rôtir en enfer. Parce qu’avec facebook, vos amis sont prévenus un jour à l’avance : ils n’ont donc pas le droit à l’erreur ! Mais le côté sournois de la chose, c’est que facebook intervient de deux manières différentes.

La première, c’est votre anniversaire dans la vrai vie. Comme dit plus haut, tout le monde est au courant donc tout le monde doit vous le souhaiter. Soudainement, le lycée/fac/bureau/astéroïde entier devient votre ami. En marchant dans les couloirs, vous collectionnez les « joyeux anniversaire ! » lancés à la volée. Sans compter tous ceux qui n’étaient pas au courant mais qui ont entendu leurs potes le dire alors vous le disent aussi : l’année dernière, je me le suis fait souhaiter par un inconnu –’.

De la même manière, sur facebook, ces petites marques d’affection pleuvent. Certains semblent même considérer ça comme leur B.A de la journée. Chaque soirs, ils consultent la liste des évènements, et tapent machinalement « happy birthday » sur tous les murs concernés. Alors vous allez me dire, pourquoi s’en plaindre ? Ce sont des marques de reconnaissances qui font plaisir à voir, qui rappellent qu’on est pas seul ! Sauf que la sincérité de ces deux mots laisse souvent à désirer…je m’explique : je doute que le type à qui je n’ai pas reparlé depuis le collège, et qui a fait de ma vie un enfer en se moquant systématiquement de mes cheveux, se soucie particulièrement du bon déroulement de ma journée. De même pour l’ex de mon copain, mon ancien prof de philo ou encore la petite peste qui me tirait les cheveux à l’école primaire (oui, toujours mes cheveux ! è_é). C’est, comme je le disais, un geste systématique. Face à cette avalanche de messages, il y a plusieurs façons de réagir :

-Il y a ceux qui sont pleins de reconnaissance (et pas pessimistes à l’égard de la nature humaine comme moi), et prennent soin de répondre chaleureusement à chaque messages. Et je déconne pas : l’une de mes amies a eu 200 messages le jour de son anniversaire, et elle leur a tous répondu, quels qu’ils soient. Si vous avez du temps, pourquoi pas ?

-Ou bien il y a ceux, comme moi, qui trouvent ça sympa mais bon pas super sincère. Alors perso, l’année dernière j’ai mis « j’aime » à chaque publication. Cette année, je me suis contentée de répondre à ceux qui m’avaient envoyé un truc original (et pas juste « A-B »).

-Et enfin, il y a ceux qui trouvent ça ptêtre bien sympa mais bon ça prend de la place quand même, et qui suppriment tout histoire que les gens ne puissent voir que les trucs intéressants à lire.

Cette réaction, ou celle d’avant, peut paraître impolie. Mais le robot joyeux anniversaire n’est pas pourvu d’une mémoire interne. Alors même si vous répondez « ta gueule connard » à chacune de ces personnes bien intentionnées, vous pouvez être certain que l’année suivante, vous aurez le droit à votre « joyeux anniversaire ! »

Smoutchis, Liloo

Typologie des pseudonymes facebookiens

Désormais, appelez-moi Lil’ priincess Durand F. Lipide. Enfin, sur facebook. Vous l’avez peut-être remarqué vous aussi, depuis quelques mois, les pseudonymes de plus en plus improbables fleurissent sur le réseau social bleu. Le facebookien, ayant découvert le site il y a maintenant 5 ans, a d’abord commencé par y poster sans soucis toutes ses infos personelles, ses photos compromettantes, ou encore la taille de sa ****. Puis nous assistons maintenant à une vague de paranoïa facebookienne, non dénuée de raisons. L’internaute moyen verouille ses infos, démarque ses photos et planque son profil. Dernière sécurité en date ? Les pseudonymes, justement. Tu cherches des infos sur une personne, tu tapes son nom et son prénom, bah tu trouves pas : c’est le principe. Penchons-nous donc sur les combines trouvées par les facebookiens pour se dénicher un matricule original.

Le pseudo subtil

Lui, c’est le moins marrant. T’as très très peur qu’on vienne te trouver sur facebook et qu’on lise le nom de ton chat, ta couleur préférée ou la marque de papier toilette que tu utilise. Du coup, tu change…UNE lettre de ton nom pour pas qu’on te trouve. Et le pire, c’est que ça marche ! Mais c’est pas drôle.

Le kikoolol par excellence

Bienvenue au pays des yeux ensanglantés. Non content d’écrire aussi bien qu’un macaque avec un maillet, le kikoolol va s’amuser à trouver le pseudonyme le plus perturbateur et le moins explicite possible. Ca peut donner des trucs du genre Lebo0og00ss Watii B alors que le type s’appelle Jean-Michel. J’ai même une pote qui pendant un temps s’est appelé BruUùnne Aàn00nyyme. Qui c’était ? Bah je sais pas –‘.

L’amoureuse

Je dirais que ce phénomène est encore plus consternant que celui d’avant. La nana ne s’appelle plus « Georgette Dujardin » mais « Georgette Dujardin Delaferme ». Delaferme êtant le nom de son mec (qui se ressemble s’assemble). Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’aujourd’hui en France, on peut garder son nom de famille, et même le refiler à son mec. Mais non, elle le fera pas parce qu’elle « luii appartiient » et qu’il lui a « priis s0n c0euùr ». C’est donc une soumise rétrograde (et elle ne pratique que le missionnaire (j’ai rien dit))

Le nom célèbre

Et puis il y a les fans. Les fans fous, les fanatiques. Les gens tellement fans de leur star adorée qu’ils mettent leur nom de famille, comme ça ça fait « presque comme si on était mariés honk honk ». Et puis des fois le mec s’appelle carrement Justin Timberlake. Donc tu te dis qu’en fait wah, tes potes ils sont vachement connus ou tout simplement « mais qui c’est? »

La private joke

Attention, nous pénétrons dans le monde du pseudonyme what the fuck. Généralement, cette personne a un délire perso avec un autre de ses amis. Du coup ils auront tous les deux « ornithorynque » en guise de nom de famille. Ou tous les trois, ou tous les quatre, rarement plus. Cela pourra faire réfèrence au nom de leur groupe, ou à une séries qu’ils aiment bien, ou à rien du tout : dans tous les cas on ne comprend pas, donc on ne se pose pas de question.

Le pseudo super bizarre

Et pour finir, le summum de l’incompréhension. Là, ce n’est un délire avec personne, c’est juste une envie comme ça. Le type bizarre s’appelera « Troll oxygène », et personne ne saura pourquoi, pas même lui. Quelque mois après, ce sera plutôt « Bipède masqué ». Là par contre, on saura toujours qui c’est : il y a rarement des gens assez bizarre pour avoir un tel pseudonyme, donc on les repère de loin. (merci à la seule personne de mes amis fb qui est comme ça, et qui a la bonté de garder son prénom d’origine pour pas qu’on s’y perde).

Et vous, quel pseudonyme êtes-vous ?

Smoutchis, Liloo

De la loose d’avoir une pote en couple

« Tenir la chandelle », vous savez ce que c’est ? Moi oui, et contre mon grés en plus. Plus le temps passe et plus je m’en rend compte, les personnes en couple passent dés le commencement d’une relation dans une catégorie à part (même s’il y a des exceptions), c’est après eux que j’en ai aujourd’hui.

Et plus précisément après ceux qui, même pas sortis du lycée, sont convaincus d’avoir trouvé l’amour. Il faut qu’ils se voient, à chaque heure de libre, chaque minutes est du temps perdu sans l’autre. Du coup les amis sont quasi pris pour de la merde, mais bon, faut s’y faire apparament. Nos deux amoureux éperdus seront Jean et Jeanne, et je vous donne ici l’exemple du couple le plus atteint (qui est un concentré de tous les couples que je connais). Jean et Jeanne sont dans la même classe, par conséquent, ils se voient TOUS LE TEMPS. Malgrès ça, il leur apparait comme primordial de se voir aussi en dehors du lycée. C’est leur droit le plus stricte ! Cependant, ils deviennent alors indisponibles pour leurs amis. On se dit, »tiens, une sortie ciné entre fille ! Si on appelait Jeanne ? Ah bah non, elle doit être avec Jean », du coup on ne se donne même plus la peine d’appeler Jeanne, elle sera forcément avec Jean. Du coup, on la voit plus, faut s’y faire !

Mais c’est loin d’être le pire. Quand par miracle Jeanne se retrouve avec ses amies (elle fait quand même de l’hyperventilation, Jean est trop loin), elles font comme d’hab, elles regardent les mecs et elles commentent. Et là, mettons, elles voient passer un puuur beau gosse. Du genre, qui te met carrement l’eau à la bouche. Il apparait que c’est pile le style de Jeanne, alors on se tourne vers elle pour lui demander ce qu’elle en pense. Vient alors la réaction détestable de la jeune-fille-fidèle-et-aimante : Jeanne, les yeux sagement baissés et les mains croisées sur ses genoux, répond dans un murmure de vierge (haha, la blague) effarouchée « il ne m’intéresse pas, je n’aime que Jean ». Mais bordel, on te demande de nous dire ce que t’en pense, pas d’aller coucher avec lui ! Rien à faire, Jeanne a des oeillères, à partir de maintenant et pour tout le reste de sa vie, elle ne regardera plus aucun autre homme. Ensuite elle mettra un tablier de cuisine, un col roulé et fera la popote et le ménage 24/24 pour cinq mômes qui se foutent de sa gueule et un Jean qui la trouve trop grosse. Mais je m’emporte. Si par contre le couple est pris d’une soudaine envie de sociabilité, il viendra squatter avec des amis. Ou pire, avec UN ami. Mais Jeanne et Jean sont trop foous l’un de l’autre, alors il faudra qu’ils se bisouillent quand même. Donc leurs amis pourront profiter de leurs bruits mouillés de bouche, à défaut de leur conversation. Super.

Autre syndrôme de l’amuuur, Jean couvrira Jeanne de cadeaux. Elle portera des tee-shirts de Jean, de jeans de Jean (hihi), écrira avec un stylo de Jean, tricotera avec de la laine de Jean, ramonera avec un hérisson de Jean, et se torchera avec du PQ de Jean. Trop accro à elle, il mettra « j’aime » sur facebook (oh mon dieu, j’en avai même pas encore parlé !) à toutes les photos d’elle, même celles ou elle est en train de se curer le nez, de manger un hamburger ou de se croûter. Accessoirement, ça pourrira vos notifications, vous qui aurez eu le maleur de publier ces photos.

Et summum, ils sont moralement obligés de mettre la photo de l’autre en fond d’écran sur leur portable. C’est histoire de montrer qu’ils sortent avec, si jamais tout le lycée n’a pas encore remarqué qu’ils passaient l’essentiel de leur temps leurs bouches collées ensemble.

Tout cela est très atendrissant, et puis à la longue, c’est gavant. Je crois que j’ai dépassé le stage de la jalousie extrême, maitenant c’est de la pure exaspération…

Smoutchis, Liloo