Au revoir Phnom Penh, bonjour Bangkok

Dire que je commençais à m’habituer au Cambodge aurait été un mensonge : je m’y étais habituée dès le départ. Phnom Penh m’avait tout de suite plu, contre toute attente pour moi qui suis plutôt casanière. Je suis donc très triste de devoir quitter cet endroit.

J’étais à Phnom Penh dans le cadre d’un stage, pour quatre mois. Ce premier mois s’était très bien déroulé, mais tout s’est brusquement arrêté avec la fermeture de l’entreprise où je travaillais. Les médias francophones ne courent pas les rues ici. En vitesse, je dois changer mes plans : acheter un billet d’avion, trouver un coloc pour me remplacer, créer une nouvelle convention de stage, interrompre celle en cours… La semaine prochaine, je pars pour Bangkok.

Bangkok, j’en ai pas mal entendu parler, contrairement à Phnom Penh dont je ne connaissais rien. Je l’ai survolée lors de mon arrivée en Asie, j’ai contemplé avec étonnement l’immensité de la ville. Je l’ai comparée aux lumières de Phnom Penh, presque toutes éteintes lorsque je suis arrivée à 22h. La Thaïlande, c’est ce pays où il y a eu un coup d’État l’an dernier, actuellement sous gouvernance militaire. C’est cet endroit où on mange très très bien pour pas très cher, et où les bouchons sont tellement constants que le ciel est tout le temps gris. Je ne sais pas trop quoi attendre de mon départ là-bas : je suis excitée de découvrir un nouveau pays d’Asie. Mais les grandes villes n’ont jamais été mon truc.

Malgré ça, il faut savoir se lancer des défis. Partir en Asie en était un en soi… je vais donc continuer sur ma lancée ! Je suis très triste de quitter le Cambodge. Je m’étais attachée à ces gens qui sourient tout le temps. J’aimais prendre le tuk-tuk, c’était très agréable. J’aimais aussi prendre les motodop, ces types qui attendent à chaque coin de rue avec leur moto et t’emmènent n’importe où en ville pour pas cher. J’adorais par dessus tout la rue qui longe le palais royal, celle que j’empruntais chaque matin pour aller au travail. Elle est interdite à la circulation, donc très calme et étonnamment fraîche. Je suis loin d’avoir tout fait sur ma liste de choses à faire, et j’en suis très déçue. Du coup, je n’ai pas mis « adieu Phnom Penh », j’ai mis « au revoir ».

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Tous ces trucs que je voudrais faire

On m’a fait la remarque que je m’y prenais un peu tôt pour parler de mes impressions sur le Cambodge. Paul Tugdual, du blog visa pour, a écrit son premier article sur son expatriation au Cambodge au bout d’un mois. Et ça ne fait que trois semaine que je suis là ! Du coup on m’a fait remarquer que je me fourvoyais sur certains trucs. Par exemple, je disais ne pas voir tellement de touristes. Et au fil du temps, je me suis rendue compte qu’il y en avait en fait beaucoup. Alors plutôt que de dire des bêtises, je vous propose une liste de choses que j’aimerais vraiment faire pendant ces quatre mois. Et je vous préviens, dedans il y a de tout et de rien !

Aller voir un spectacle de danse au Musée National : Je n’ai pas encore vu à quoi ressemblait la danse traditionnelle cambodgienne ET je ne suis pas encore entrée dans le Musée National. Voilà de quoi faire d’une pierre deux coups ! Il parait qu’il  y a un spectacle tous les soirs.

Faire du shopping au marché russe. Mes connaissance ayant voyagé au Cambodge m’ont toutes parlé du marché russe, m’assurant qu’on pouvait y trouver des fringues pas chères. Je croyais que c’était des bêtes tee-shirts en coton tout simple, ou d’autres trucs sans charme qu’on vend sur n’importe quel marché français. J’en ai pris plein la tronche ! On peut trouver là-bas des vêtements, des sacs, des bijoux magnifiques ! Il y a vraiment plein de choses partout et pour trois fois rien. Ce hall aux couloirs étroits, poussiéreux et mal aérés est en fait une véritable mine d’or. Bon, la dernière fois j’avais quatre dollars en poche. Mais dès que je me suis renflouée, je fais une razzia !

Manger une mangue au piment. Une amie m’a parlé de ça quand je suis arrivée à Phnom Penh. Elle m’a assuré qu’on pouvait trouver dans les petites échoppes sur le bord de la route, de la mangue à tremper dans du piment. Selon elle, le piment bien fort serait une façon de lutter contre les microbes qui pourraient se développer dans la nourriture cuisinée à ciel ouvert au bord de la route. Dit comme ça, ce n’est pas très engageant. Mais j’adore la mangue, j’adore le piment, ça vaut le coup de tenter non ?

Aller voir le cirque phare. Là, c’est plus compliqué : le Cirque Phare est un cirque moderne très connu au Cambodge. Les représentations ont l’air géniales, et toutes les personnes à qui j’en ai parlé m’assurent que c’est un truc à voir. MAIS ils sont basés à Siam Reap et ne viennent que rarement à Phnom Penh. Donc je vais devoir bouger !

cirque_phareManger des tortillas. OUI, vous avez bien lu : on peut manger des tortillas, plat mexicain, à Phnom Penh, ville cambodgienne. Il y a un restaurant près de River Side qui en a fait sa spécialité. Et c’est peut-être pas très local mais j’en ai une envie folle, voilà c’est tout.

Aller à la piscine. Ici, il fait CHAUD. Et encore, il parait que ça va être de pire en pire. Honnêtement, je ne souffre pas trop de la chaleur. Pourtant, je suis toujours en pantalon quand je travaille. Mais j’avoue qu’un petit plongeon dans une piscine bien fraîche ne serait pas de refus ! Ici, il y a beaucoup de piscines et elles ne coûtent pas trop cher. Une amie m’en a indiqué une où il suffit de consommer pour pouvoir se baigner.

Prendre des cours de boxe. D’un coup j’ai eu envie, comme ça, de prendre des cours de sport. Ici, la boxe a plutôt la cote. Quand il y a des matchs importants, il n’est pas rare de voir des bars remplis de khmers, les yeux rivés à la télé. Comme c’est un sport populaire, pas mal de salles proposent des cours. Du coup je me dis, pourquoi pas moi ?

Découvrir Angkor Wat.

angkor-watAvouez, vous auriez été déçus de ne pas trouver ce temple mythique dans cette liste. Le Cambodge est couvert de sites archéologiques stupéfiants, plus ou moins touristiques. Angkor est le plus connu parce qu’il est le plus grand. Il y en a aussi d’autres à visiter mais comme dit précédemment, je n’ai malheureusement pas le temps de faire du tourisme. Par contre, venir au Cambodge et ne pas visiter Angkor, c’est un non-sens, non ?

Les expériences les plus chouettes feront sans doutes l’objet d’un article (rassurez-vous, je ne vous raconterais pas comment j’ai mangé une tortilla et combien c’était bon) !

Les histoires de fric

On dit souvent que c’est le bon plan de partir au Cambodge, parce que c’est pas cher. En fait les choses sont loin d’être aussi simples. Pour être sûrs de ne pas se faire avoir, il faut beaucoup fureter, demander des conseils… L’argent ici, ne fonctionne pas comme en France !

Deux monnaies : le dollar et le riel

En me renseignant sur internet, je n’ai pas très bien compris quelle monnaie je devais emporter dans mes bagages : des dollars ou des riels ? En fait, ici on paye avec des dollars, et on nous rend souvent la monnaie en riels. Là où ça devient compliqué, c’est qu’un dollar équivaut à peu près à 4000 riels. Du coup, on se retrouve très rapidement avec des tas de billets dans la poche, qui ne valent pratiquement rien. Combien de fois il m’est arrivée de partir tranquille avec mon portefeuille plein, avant de me rendre compte que je n’avais même pas assez pour payer un déplacement… En plus si on n’est pas bon en maths, c’est un vrai cauchemar.

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Un gros tas de riels

Revoir ses habitudes de consommation

J’ai du revoir complétement ma façon de manger en arrivant au Cambodge. Comme beaucoup de français, je faisais mes courses au supermarché, et j’allais de temps en temps au marché pour me faire plaisir avec de bons fruits et légumes. Ici, des supermarchés il y en a. Mais on évite de faire les « courses de la semaine » dedans. Car ils sont tous totalement hors de prix. Honnêtement, on a essayé de trouver des choses locales, qu’on ne pourrait pas forcément acheter en France. Mais tout est très, très cher. La raison est assez simple : le Cambodge est loin d’être auto-suffisant. Peu de choses sont produites ici, du coup tout voyage et tout coûte cher. Pour rigoler, j’ai regardé le prix des produits occidentaux : un gros Babybel coûte 11$ et quelque ! On a trouvé des bouteilles de jus d’orange à 1$ le litre, on a vidé le rayon.

Tout se négocie

Du coup, l’idéal est encore d’aller au marché. Les prix sont bien plus bas, mais il y a quand même un hic. Ici, on considère souvent que blanc = riche. Du coup, beaucoup de choses sont plus chères pour nous, même si les prix restent très raisonnables quand on les compare aux tarifs européens. En arrivant, j’ai failli payer ma carte SIM 5$ au lieu de 1 ou 2 ! Et attention, ça négocie sec. Personne ne prendra mal le fait que vous négociez, car c’est ainsi que ça fonctionne. Par contre ce n’est pas toujours évident de faire baisser les prix. Le mieux est encore de faire croire qu’on laisse tomber. Avec les tuktuks par exemple, c’est un jeu d’enfant puisqu’ils sont généralement trois ou quatre sur le même trottoir. Un « We’ll take another one » suffit pour les faire flancher. En fait le plus difficile est de savoir à quel moment un prix devient raisonnable. Demander 1$ à un tuktuk pour traverser toute la ville, ce n’est franchement pas sympa, et c’est encore plus mal vu quand on est étranger.

Une semaine à Phnom Penh

Salut à tous !
Voici une semaine que je suis arrivée à Phnom Penh au Cambodge, pour quatre mois de stage. On me demande des nouvelles alors j’ai décidé de tout compiler ici. Et si vous vous en fichez mais que vous êtes intrigués par la vie au Cambodge, ça peut toujours vous intéresser ! Toutes mes excuses par contre pour la médiocre qualité des photos, je n’ai pas encore pris la peine de sortir mon appareil photo donc tout vient de mon téléphone.

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La vue depuis mon « roof top », et depuis mon balcon

Phnom Penh est la capitale du Cambodge. Ce n’est pas une très grande ville mais elle bouillonne d’activité de 6h du matin à 20h (les khmers se couchent tôt !). Ici, pas de transports en commun, pratiquement tout le monde se déplace en scooter. Pour ceux qui n’en ont pas, ça reste simple : dès le moment où vous êtes étranger, vous pourrez vous déplacer très facilement. Les conducteurs de tuktuks sont présents à presque tous les coins de rues. Ce sont des chariots très confortables, tirés par des mobylette. Un moyen de transport que j’adore ! Il y en a tellement que je dois refuser gentiment une dizaine de « tuktuk lady ! » tous les matins. Il y a aussi les motodop, moins chers : ce sont des particuliers qui peuvent emmener les gens n’importe où à moto ou en scooter. Les conducteurs sont généralement très sympa. Ils proposent avec le sourire et n’insistent pas si on refuse. Ils aiment bien faire de l’humour mais comme ils ne parlent pratiquement pas anglais, généralement on ne comprend rien ! Mais petit hic : ils ne connaissent pas toutes les rues ! Du coup il est très facile de se perdre, même en ayant un chauffeur… Mieux vaut bien checker le trajet avant de partir.

Les gens

Parlons des gens tiens : on m’a garanti que le Cambodge était la nation du sourire et que j’allais adorer le peuple khmer. Ce n’est pas quelque chose que j’ai ressenti tout de suite. Avec la barrière de la langue, il est difficile de comprendre si une personne te veut du bien… Mais effectivement, c’est un peuple avec lequel on se sent bien. Les habitants de Phnom Penh sont généralement très propres sur eux, même si la ville est très sale (poussière et pollution à gogo). Ils sont vraiment courtois, ne s’énervent pas quand tu ne comprends rien à ce qu’ils disent (même quand ils parlent anglais), ou quand tu t’embrouilles dans le change dollar-riel. Du coup même si tout est plus compliqué ici, ce n’est pas très flippant d’entreprendre une tâche seul. Apprendre quelque mots de khmer est un plus : cela leur fait généralement très plaisir d’entendre du khmer dans la bouche d’un étranger. Ca reste un peu bizarre, car le Cambodge étant pour l’instant un pays très pauvre, il n’est pas réellement pris d’assaut par les touristes et les expatriés. Du coup, certains nous regardent d’un air très curieux, et c’est au début assez gênant. Mais j’ai vite compris que ce n’était pas de l’hostilité, juste de la curiosité. Il y a pas mal d’enfants qui sont contents de savoir dire « hello ». Du coup ils tiennent absolument à te dire bonjour quand ils te croisent ! C’est le truc le plus adorable que j’ai jamais vu.

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Le Tonlé Sap, juste devant les bureaux de la rédaction

La bouffe

J’avais peur que la nourriture soit un vrai problème. Je célèbre la bouffe, je la vénère, vraiment. Que se serait-il passé si je n’avais pas aimé celle du pays ? Hé bien pour le peu que j’en ai goûté, j’aime ! Les cambodgiens aiment le piment, ils en servent en accompagnement avec beaucoup de plats. Le riz ici est excellent, cuit à la perfection. Je suis aussi étonné par le gout des légumes : ils sont souvent très bons, très croquants !

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Une simple soupe de légumes et boeuf à 3,50$ : un régal

C’est plus compliqué pour les boissons. Les sodas ont un goût plus sucré, le coca semble plus caféiné… Allez savoir pourquoi. On m’a beaucoup vantés les « shakes », ces cocktails glacés aux fruits et au lait. On m’en a servi un, il était imbuvable ! En fait la plupart des boissons sont très sucrées, à tel point que quand je commande un jus de citron, on me sert aussi du sucre liquide au cas où. Mais j’ai mes habitudes maintenant, par exemple au resto à côté de mon boulot : ils me servent un jus d’orange fraîchement pressé à tomber. Restaurant qui, comble de coïncidence, est lyonnais !

Car ici niveau bouffe, difficile d’avoir le mal du pays ! Beaucoup de restaurants français sont installés à Phnom Penh pour combler les petites envies des expatriés. Ils sont légèrement plus chers mais pour moi dont le bon vivre passe beaucoup par le palais, ça fait vraiment plaisir. Ainsi, ce matin j’ai pu découvrir un café européen à côté de chez moi, qui fait du pain, des croissants et des tas de viennoiseries ! J’ai également rencontrés deux restaurateurs servant de la cuisine du Sud-Ouest, et je mange de temps en temps dans un restaurant belge. Le guide du Routard contient tellement de mises en gardes à propos de la nourriture que je pensais ne rien pouvoir manger mais en fait, il y a l’embarras du choix ! Je pense que je reviendrais ici parler plus précisément de la gastronomie khmer, qui est bien plus fascinante que ce que je pensais.

Je ne suis pas une touriste !

Un point de détail qui me file un peu le blues : comme je le disais plus haut, certains khmer ont du mal à comprendre qu’un étranger puisse travailler ici. Ce matin, l’un d’eux m’a accostée dans la rue. Il voulait me faire visiter la ville. Je lui ai dit que je devais aller travailler et il a répondu « later, later ! ». Beaucoup d’étrangers que je croise se promènent les mains dans les poches, le sourire aux lèvres. Ils profitent du soleil, s’amusent… J’aimerais pouvoir profiter de la ville comme ils le font, en toute quiétude. Mais je viens de commencer le stage, une chose qui me stresse toujours beaucoup au début (alors que c’est déjà mon quatrième !). Mais ce petit blues passera probablement au bout de quelque semaines !

A bientôt !