Pourquoi bloguer quand on est rédacteur web ?

Je crois que tous les blogueurs ont une raison différente de tenir un blog. Si le mien avait plutôt un but récréatif au départ, il est aujourd’hui très intéressant au niveau professionnel.

chien_noideaÇa c’est moi à la création de mon blog.

En fait, tenir un blog c’est un super laboratoire pour rédacteur web. Je suis étudiante en journalisme et je voudrais travailler par la suite dans une rédaction web. Ce blog a été, et est toujours aujourd’hui, une énorme source d’enseignements. Rien qu’en observant mes statistiques, je tire des tas de conclusions réutilisables plus tard. Je vous en donne pêle-mêle pour que vous compreniez :

Peu importe la qualité de ton contenu, tant que t’es régulier, t’as de l’audience : c’est super triste à dire, mais c’est pragmatique. Après mon retour d’Asie, j’ai continué à publier des articles (pas de première qualité je l’avoue) pour rester sur l’idée d’une publication tous les mercredis. Je n’avais pratiquement pas de piques d’audience le mercredi : toute la semaine, j’engrangeais des visites. Les gens venaient carrément voir mon blog régulièrement.

Il faut partager ses contenus sur les forums : Trouver des forums dont le public correspond à celui du blog. Les membres des forums forment souvent des communautés hyper impliquées. Ils n’hésitent pas à cliquer, et même à apporter des critiques constructives et des félicitations.

Twitter n’est PAS une source de lecteurs potentiels : à part si vous avez des milliers de followers. Ce qui n’est pas mon cas (vous la sentez la frustration là ?)

Tout article doit être accompagné d’une image. Si t’en as pas, cherches un gif, prends une photo de ton chat, n’importe quoi. Sinon, va enterrer ton idée d’article au fond du jardin, ça reviendra au même.

Évidemment, ces conclusions doivent être adaptées : un site d’information n’a pas les mêmes modalités qu’un blog. Déjà, on ne s’attend pas à trouver le même type de contenu sur les deux supports (et heureusement). Normalement, un site d’info regroupera plusieurs personnes et sera donc à même d’engranger suffisamment de followers pour que twitter soit une source de lecteurs. Et on va pas aller s’amuser à partager tous les jours nos articles sur les forums. Mais les statistiques du blog restent intéressantes à analyser.

C’est intéressant pour tout : voir si un titre fait mouche, si une idée de série de textes peut marcher, si un sujet en particulier est populaire… C’est super intéressant aussi d’en parler irl avec les potes. Sur quoi ont-ils cliqué, qu’est-ce qu’ils n’ont pas voulu lire, pourquoi ? J’ai eu la joie d’apprendre qu’une amie avait appris des choses grâce à mon article sur les jeux indé. Moi qui croyais que cet article n’intéresserait pas ceux qui n’aiment pas particulièrement les jeux vidéo ! Encore un enseignement à retenir.

En bref, ça fait sept ans que je tiens un blog et je n’ai jamais regretté. Et vous, ça vous tente ?

C’est parti pour Casabulle, notre chaîne YouTube 100% BD !

It’s online ! Nous lançons aujourd’hui Casabulle, notre chaîne YouTube consacrée à la bande dessinée. Le but ? Vous faire découvrir nos coups de coeur chaque mercredi, partager notre passion avec vous et qui sait, vous donner envie de vous y mettre !

Avec mon copain (Matyas de son prénom), ça faisait un petit moment qu’on avait ce projet en tête. On est tous les deux très très fan de bandes dessinées. Quand on a emménagé ensemble, on a vite acheté une deuxième bibliothèque tellement nos collections cumulées prenaient de la place. On adore proposer des albums à nos potes, découvrir de nouveaux auteurs… C’est un univers très important pour nous. L’idée d’une chaîne YouTube consacrée aux critiques de BD a germé dans ma petite tête l’an dernier. On a voulu attendre mon retour d’Asie pour se lancer, puis notre emménagement ensemble… Mais maintenant c’est bon ! Je suis fière de vous présenter notre toute première vidéo consacrée à Seconds, le chef d’œuvre de Bryan Lee O’Malley !

Pour le lancement de la chaîne, on a pris soin d’avoir quelque vidéos d’avance. J’ai donc choisi de parler d’un album un peu plus vieux mais parmi mes préférés : L’immeuble d’en face, de Vanyda.

Enfin, on revient dans l’actuel avec une présentation de deux albums d’Urban Comics qui sont sortis la semaine dernière, Batgirl et Gotham Academy.

C’est loin d’être impeccable pour l’instant et j’en ai bien conscience (je vais tout faire pour diminuer le nombre de « euh ») mais il faut bien se lancer ! J’ai aussi envie de faire référence à d’autres albums et auteurs dans mes vidéos, histoire de vous proposer de découvrir différentes BD autour d’un même univers. Et puis j’aimerais bien par la suite aller plus loin que des critiques : parler de sujets relatifs aux univers de la bande dessinée, réaliser des interviews… C’est déjà en route de toute façon ! Nous publierons une vidéo toutes les semaines, j’espère que la chaîne vous plaira !

Pourquoi les jeux Nintendo squattent-ils si longtemps nos rayons ?

Il y a trois mois, un drop dans la mare publiait une chronique sur la durée de vie des jeux vidéo. Il expliquait que plus les jeux étaient simples, moins ils avaient de durée de vie, moins ils restaient longtemps dans les rayons des magasins de jeux. Le jeu vidéo devenait alors un objet temporaire, à acheter en masse pour avoir un temps de jeu correct. Un seul studio semblait échapper à cette logique : Nintendo.

Quand Nintendo sort un nouveau jeu, on en entend parler. Beaucoup. Jusqu’ici, la durée de vie exceptionnelle de ses produits était surtout due à leur qualité. J’ai Mario 3D Land depuis deux ans, je ne l’ai toujours pas fini parce que les mondes spéciaux sont hyper ardus. Depuis quelque temps, la firme japonaise adopte une nouvelle stratégie. Comme pas mal d’entreprises du secteur, Nintendo n’est pas au meilleur de sa forme : et quand on n’a pas de sous, on se retrouve vite à vendre son âme. Et vendre son âme dans le milieu du jeu vidéo, ça veut dire bien souvent faire des DLC. Pour les newbies qui passeraient par-là, qu’est-ce qu’un DLC : il s’agit d’un contenu additionnel au jeu de base, qui l’enrichit avec de nouveaux éléments. Nouveaux personnages, nouveaux objets, nouveaux mondes… Les Sims sont un peu des pro du DLC, avec leurs extensions rajoutant des animaux, des métiers, des fonctions… Depuis quelque temps, vendre un DLC ne veut plus vraiment dire enrichir le jeu de base, mais plutôt le compléter. Pour suivre le même exemple, il est impossible dans les Sims 4 de créer des piscines. Celles-ci seront disponibles uniquement dans un DLC : pourtant, cette fonction était disponible dans le jeu de base de toutes les éditions précédentes.

C’est exactement ce que Nintendo commence à faire. L’exemple est assez parlant avec Mario Kart 8, qui propose des circuits additionnels payants. Mais il l’est encore plus avec Splatoon. Sorti en mai 2015, le jeu a bénéficié depuis de plusieurs mises à jour. Le 6 aout dernier, une mise à jour permettait notamment d’ouvrir des matchs privés, réservés aux amis. Alors effectivement, ces ajouts ne sont pas payants, et heureusement. Mais il n’empêche que c’est une fonction plutôt basique qui aurait dû être présente dès l’achat du jeu. Ces ajouts permettent à Nintendo de créer de l’actualité autour du jeu. Tant que celui-ci continue à être actualisé, on continue à en parler, donc les gens continuent à vouloir l’acheter, donc il reste en rayon. Allez, Nintendo n’a pas complètement vendu son âme : la firme a trouvé d’autres solutions pour faire de l’actu autour de ce jeu en grande partie basé sur le multijoueur. De temps en temps, ils lancent un événement commun à tous les joueurs du globe. Les festivals consistent en la répartition de tous les joueurs en deux grosses équipes. Pour cela, on leur propose de voter pour l’un des deux camps : lors du festival d’aout, ils avaient le choix entre l’équipe pôle Nord et l’équipe pôle Sud. Les scores des matchs en ligne sont ensuite enregistrés pour déterminer quelle équipe aura accumulé le plus de victoires. Ce genre d’événement fédérateur crée une certaine excitation dans la communauté des joueurs, qui vont potentiellement parler de leur jeu. Ça permettra aussi à Nintendo de communiquer autour du jeu, incitant les amateurs du studio à l’acheter.

La com de Nintendo pour le festival de septembre

Miser sur le multijoueur, c’est probablement l’un des buts de leur prochain gros jeu, Super Mario Maker. Les joueurs ne seront plus simplement confrontés à des niveaux conçus par les développeurs de Nintendo, mais pourront aussi créer les leurs et affronter ceux des autres joueurs.

Même si ces stratégies ne demandent pas de dépenser plus que le prix du jeu, elles restent assez négatives. Parce que ça signifie que faire un jeu difficile, et donc rentable pour le joueur, n’est plus la priorité des studios. Alors même si notre jeu favori restera en rayon longtemps, on devra retourner les parcourir, ces rayons, pour soulager notre soif de gaming… Et notre porte- monnaie, par la même occasion.

Les livres et moi

Aujourd’hui, c’est le Ray’s Day. Vous en avez peut-être entendu parler, peut-être pas : l’idée est de célébrer l’amour des livres, un événement rassemblant auteurs et lecteurs.

J’avais d’abord l’intention de ne rien faire, ne me sentant pas trop liée à cet univers. Et puis j’ai bien réfléchi : en fait, J’ADORE les bouquins. Voici comment ma vision des livres a évolué en grandissant.

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Cinq ans : la découverte

Je n’ai jamais été une gamine précoce, mais j’ai toujours été une passionnée. Arrivée en CP, on m’a présenté deux choses : la lecture et les maths. J’ai trouvé la lecture vraiment géniale et les maths vraiment barbantes. Aujourd’hui, je ne sais pas combien font 6X7 mais j’ai lus tous les Harry Potter trois fois. Sans être un prodige (du genre « mon dieu elle écrit des mots avec sa soupe alphabet ! »), j’ai très rapidement appris à lire et j’ai enchaîné sur les bouquins. Plein de bouquins.

Dix ans : la boulimie

En grandissant, le simple acte de lire était pour moi un plaisir illimité. Je connaissais la liste des ingrédients de mes céréales par cœur à force de lire le paquet à répétition tous les matins. Je ne lisais pas de livres « de grands » mais j’avais vidé le rayon ado de ma bibliothèque. J’avais soufflé mon prof en ramenant à l’école l’Étalon Noir à l’école, un bouquin de la taille d’une brique. Je nourrissais une haine profonde pour Odile Weulersse : alors mon auteure préférée, elle m’avait rabrouée durant une convention en affirmant que ses livres étaient « trop compliqués pour une petite fille de mon âge ». Entre parenthèses, aux auteurs qui ont ce genre d’idées stupides : continuez à écrire mais arrêtez-vous de parler.

Quinze ans : l’abandon

J’ai continué à bouquiner pendant le collège. Les livres me permettaient de m’isoler de cet environnement hostile où les élèves rivalisaient de méchanceté à mon égard. J’essayais de trouver l’endroit le plus tranquille possible pour pouvoir me plonger dans les pages. Je renforçais la difficulté en passant aux livres de mes parents, expédiant en quelques jours les bouquins qu’on nous faisait lire au collège. Et puis j’ai découvert les jeux vidéo. Qu’on n’en profite pas pour me dire que les jeux vidéo sont un danger pour l’apprentissage des jeunes. Je vous l’ai dit, je suis quelqu’un de passionné : quand une chose me plait, je m’y consacre tout entière. Zigouiller du monstre en ligne me prenait tout mon temps, et peu à peu j’ai perdu ma soif de lecture.

Vingt ans : les retrouvailles

Pourquoi je n’ai pas recommencé à lire avant ? J’attendais la petite étincelle. L’auteur qui me donnerait envie de me plonger dans les livres à nouveau. Et puis je l’ai trouvé, en la personne de Lovecraft. J’ai acheté un recueil à six euros (l’appel de Ctulhu évidemment), et je l’ai dévoré étonnement lentement. Sa plume est tellement parfaite que je prenais le temps de savourer. J’ai acheté un Kindle et me suis procurées toutes ses nouvelles gratuitement, puisqu’elles sont maintenant libres de droits. J’en ai profité pour revoir mes classiques. Je suis passée ensuite à Terry Pratchet, dont mon copain du lycée me faisait sans arrêt l’éloge. Je me suis lancée dans les annales du disque monde.

Vingt trois ans : la coexistence

Aujourd’hui, j’ai à peu près la capacité de concilier plusieurs passions. Si les jeux vidéo occupent toujours une partie de ma vie, mon Kindle m’accompagne partout. Je lis des écrits de journalistes, ceux qui racontent leurs voyages ou leurs découvertes. En fin de compte, l’univers le vrai, a l’air tout aussi passionnant que ceux qui sont imaginés. Je suis aussi férue de BD, que je lis à la pelle. Les livres ont toujours fait partie de ma vie, de près ou de loin. Et ce n’est pas prêt de changer !

Une société sans travail, c’est possible ?

Cette semaine, Libération a publié un papier passionnant sur ces gens qui ont choisi de ne pas travailler. Un sujet houleux, qui donnerait lieu, je le pensais, à une avalanche de trolls dans les commentaires. En fait, point de trolls mais un débat très intéressant entre les lecteurs. Mais loin de donner des réponses, l’article m’a plutôt menée à me poser plein de questions.

Voyons les quatre témoins : Leatitia, trente ans, a d’abord travaillé un moment avant de partir sur les routes. Camille a décroché son bac en 2005, Simon n’a que 25 ans et a d’abord travaillé et subi un burn-out. Hervé est père au foyer depuis 3 ans. L’idée d’une vie alternative, pas conditionnée par le travail, m’intéresse sans m’attirer. Est-il possible de vivre en France sans travailler ? L’article tente de dire que oui. Mais Simon, Camille et Laetitia n’ont même pas de logement. Alors Laetitia vit sur les routes, pourquoi pas ? Mais Camille et Simon vont de squats en logements des copains. Peut-on vraiment envisager de vivre ainsi sur le long terme ?

Je m’explique : leur mode de vie ne fonctionne donc que s’ils ont des amis qui ont un revenu, donc qui travaillent. De fait, tout le monde ne peut pas vivre ainsi, parce qu’il faut des travailleurs pour héberger des non travailleurs. Loin de moi l’idée de hurler à l’ « assistanat », mot que j’exècre (et ceux qui l’emploient sont bien souvent dans cette situation-là). Je veux simplement dire que ce mode de vie, dans notre société, n’est pas possible à grande échelle.

En fait, on pourrait envisager de le rendre possible. Mais d’abord, pourquoi réfléchir à une société où les gens pourraient se permettre de ne pas travailler ? Mon père aurait dit « parce que t’es une feignante », et je l’aurais prié de fermer sa bouche. Ce même père (le mien donc), m’expliquait l’autre jour avec un certain pragmatisme que pratiquement personne n’exerçait le métier de ses rêves. Quand on sait que notre travail remplit la quasi-totalité de la journée, en substance, ça veut dire que mon propre père sous-entendait « ma fille, tu t’ennuieras dans ta vie ». En fait, je ne pense pas qu’il ait tort. Parce que le marché de l’emploi est bouché, ou parce qu’on nous a dit qu’il était bouché, ou parce qu’on n’a pas eu les moyens de faire les études qu’on voulait, on est très nombreux à faire un travail qui ne nous plait pas particulièrement. Donc là-dessus, il n’a pas totalement tort.

Sauf que la question maintenant, c’est comment peut-on accepter de vivre dans une société où on a 90% de chance de passer la journée à faire quelque chose qui nous déplait ? J’en ai justement discuté avec ma copine Tanaïs : en parallèle de ses études, elle est ouvreuse dans un théâtre, et elle adore son travail. J’étais admirative de voir qu’elle avait trouvé un job alimentaire plaisant. Pour ma part, j’ai bossé en usine, en entrepôt… Le boulot le plus agréable que j’ai fait, c’est la cueillette des fruits, alors que ce n’est pas franchement épanouissant. Elle m’a expliqué qu’on était nombreux à considérer que notre job alimentaire serait pénible, et que de fait on ne cherchait que des travaux pourris, sans même s’intéresser à ceux qui seraient cool partant du principe qu’on n’aurait aucune chance. Et elle avait bien raison : je n’ai jamais postulé à un travail sympa (je ne compte pas les stages évidemment).

Et s’il était possible d’envisager une société où le travail n’existerait pas ? Nous sommes arrivés à un tel niveau d’évolution technologique qu’il serait possible de systématiser beaucoup de tâches. Finalement, les caisses automatiques, la robotisation des usines… Ce n’est peut-être (je dis bien peut-être) pas une mauvaise chose ? Si on arrivait à étendre ce phénomène à l’ensemble des travaux, on pourrait annuler complétement la notion de travail, pour pouvoir se consacrer pleinement à des choses qui nous tiennent à cœur. S’investir dans une cause, un sport, des activités artistiques, l’écriture d’un livre… Le travail à haute dose nous soumet, et je l’affirme, nous bêtifie. Si on l’annulait, on pourrait se consacrer pleinement à ce qui nous intéresse vraiment, et peut-être atteindre un stade d’intelligence supérieur. Alors je vous vois venir : souhaite-t-on vraiment passer à une société où tout est géré par des robots ? N’est-ce pas dangereux, par exemple trop facile à hacker ? Je pense qu’il s’agit de trouver un juste milieu. Nous ne voulons pas d’une société inhumaine. Certaines professions (comme les professeurs des écoles par exemple) ne peuvent pas être remplacées. Il faudrait voir à comment les rendre plus humaines, ou par exemple les mutualiser.

Bref, je ne suis pas une experte en la matière. D’autres ont planché bien plus que moi sur cette idée. Mais je trouve qu’au lieu de la rejeter en bloc sur la base de « si t’as pas de travail t’es un feignant », on pourrait essayer d’y réfléchir, tout simplement en commençant par se poser cette question : suis-je heureux ?

Les mercredis de la glandouille – Pourquoi se mettre aux jeux vidéo indépendants

Les « profanes » (ce mot est tellement méprisant) pensent souvent que les jeux vidéo se résument aux Call of Duty, Fifa, et autres triples A. Que nenni ! Les jeux indépendants pululent sur la toile, et sont une source inépuisable d’amusement.

Concrètement, je n’ai rien contre les triples A. Lorsqu’on s’attache à une licence, c’est un bonheur de pouvoir retrouver de temps en temps un nouvel épisode dans un univers qu’on affectionne. Les amateurs de Fallout par exemple, on bondit quelque semaines avant l’E3, en apprenant qu’un quatrième opus allait sortir. Sauf que ces licences, c’est une force autant qu’une faiblesse. Parce que si le public en apprécie une, les gros studios vont souvent jouer la carte de la sécurité en la continuant, plutôt qu’en en créant une nouvelle. Et lorsqu’ils souhaiteront créer quelque chose, ils s’appuieront sur des succès déjà existants, pour être sûrs de vendre. On l’a vu lors du dernier E3 : Bethesda a décidé de lancer un jeu de carte en ligne basé sur sa licence phare, The Elder Scrolls, à l’image de Blizzard et de son Hearthstone basé sur World of Warcraft. En résumé : les gros studios prennent moins de risques, et proposent des jeux moins diversifiés et moins surprenants. C’est une tendance mais ce n’est pas systématique : Nintendo avait créé la surprise durant l’E3 2014, en présentant Splatoon, qui ne reprenait aucun de ses personnages déjà créés.

splatoon-nintendoJe suis une enfant-poulpe, ça te pose un problème ?

Bref, pourquoi je dis ça ? Parce que côté jeux indépendants, ça marche très différemment. Les studios indépendants engagent rarement des millions dans la création d’un jeu. Du coup, la prise de risque n’est pas inexistante (ça reste des mois voir des années de travail), mais elle est réduite. Vu son coût, un mauvais jeu développé par une grosse boîte risque de la couler. Du coup les indépendants ont moins à perdre : ils peuvent se permettre de prendre plus de risques, tant sur les graphismes que sur le concept, le gameplay… Little inferno consiste à brûler des trucs dans une cheminé, Super Meat Boy nous propose d’incarner un personnage sans peau dégoulinant de sang, Cuphead se base sur l’esthétique flippante des dessins animés des années 30.

cupheadÇa vous terrifie pas vous ? Moi si.

Jouer aux jeux indépendants, ça permet de découvrir des univers totalement inédits, de tenter des expériences parfois novatrices. Parce que les concepteurs de jeux vidéos ont des milliers d’idées complètement folles en tête… Et que les seuls barrières, c’est souvent les investisseurs. Sans compter que comme le jeu aura coûté moins cher à la conception, il coûtera aussi moins cher à l’achat. Fez, l’un des meilleurs indé auquel j’ai jamais joué, est un vrai bijou et ne coûte que dix euros. Je vois d’ici les râleurs « oui mais si moi je joue plutôt sur consoles que sur PC ? » Pas d’excuse : Microsoft, Nintendo et Sony ont déjà flairé le filon. La PS3 et la Xbox 360 proposent un large catalogue d’indé. On peut en trouver des très bien sur 3DS, comme par exemple Cave Story. Et lors du dernier E3, Microsoft a insisté sur l’arrivée de nombreux indés particulièrement alléchants sur Xbox One.

Bref, des tas de bons côtés. Alors oui, l’indé est un monde « dangereux » … Certaines fois, les jeux peuvent être bugés, ou trop faciles, ou au contraire trop durs… Disons qu’en achetant un jeu indé, on peut avoir plus de surprises, dans les bons comme dans les mauvais sens du terme, qu’en achetant un triple A.

Et si je vous ai convaincus, voici une liste de jeux indépendants forts sympa, testés et approuvés. Ils sont téléchargeables sur Steam, LA plateforme idéale pour jouer aux jeux indé sur PC. Mais nombre d’entre eux sont aussi trouvables sur consoles.

Fez – 9,99 euros

Un symbole du jeu indé. On incarne un petit bonhomme coiffé d’un fez magique, qui évolue dans un monde de plateformes en pixels. La particularité est que le joueur peut passer de la 2D à la 3D par une simple pression de bouton. L’univers est magnifique et les énigmes sont coriaces, donc la durée de vie est plutôt longue. Très agréable à la manette.

fez

Super Meat Boy – 13,99 euros

Un runner particulièrement coriace. Super Meat Boy est constitué de différents niveaux pleins de scies circulaires et d’autres trucs qui font mal. Le jeu est bien pensé mais vraiment dur, donc gare aux rage quit. L’ambiance est aussi très drôle (le méchant est un foetus dans un bocal).

Don’t Starve – 14,99 euros

Mon préféré ! Le but est de survivre dans un monde particulièrement hostile, où tout est susceptible de nous tuer (les vaches, l’hiver, la nuit…). Pour cela, il est possible de fabriquer des outils et des armes, de construire son campement… Et quand on perd, on meurt. Définitivement. Il y a plus qu’à tout recommencer. Depuis peu, il est même possible de jouer à plusieurs, un peu le rêve de tout fan de Don’t Starve depuis les début du jeu.

don't starve

Ibb & Obb – 9,99 euros

Le sauveur de ma relation à distance quand je suis partie en Asie. Dans Ibb & Obb, on incarne deux petits bonhommes dans un monde aux couleurs pastelles. Ils doivent s’entraider pour évoluer : le jeu est parfait en ligne, la difficulté est croissante. Le plus sur PS3 : on peut incarner  simultanément les deux perso, un pour le joystick gauche et un sur le droit. Et jouer à deux sur une manette, c’est la grosse marade.

Tiny Thief – 4,99 euros

Tiny Thief est assez facile à jouer : il se compose de scènes à résoudre en cliquant, tout simplement. On incarne un petit voleur dans un monde médiéval. L’univers est formidablement mignon et les énigmes deviennent assez ardues au fil du temps, assez pour contenter autant les amateurs que les gros gamers.

tiny thief

Reus – 9,99 euros

L’un des premiers indé auquel j’ai joué. Reus est une espèce de jeu de gestion, où on fait évoluer une planète par terraformation. La particularité est que lorsque des humains apparaissent, on ne les contrôle pas totalement. Du coup si ils commentent à se taper dessus, c’est un peu la panique. J’ai passées tellement d’heures sur ce jeu que j’en ai même fait un petit strip.

reus

Terraria – 9,99 euros

On trouve vraiment beaucoup de jeux « bac à sable » côté indé. Peut-être parce qu’ils ont rapidement une grosse durée de vie, puisqu’ils permettent de faire un peu n’importe quoi. Dans Terraria donc, votre job sera de miner, construire, explorer, et vous protéger des monstres qui arrivent à la tombée de la nuit. Et vue l’étendue des possibilités, le nombre d’objets cachés ou à crafter, il y a de quoi devenir complétement accro.

 

Les mercredis de la glandouille – Trois comics à dévorer

Nous les français, on a une grosse culture de la BD. Entre nos Gaston Lagaffe, nos Lucky Luke et nos Spirou, les cases et les bulles ça nous connaît. Aujourd’hui encore, notre pays est un vivier de scénaristes et d’illustrateurs prolifiques. Ce n’est pas une raison pour se contenter des bandes dessinées franco-belges. Le genre du comics, très apprécié outre-atlantique, est une vraie mine d’or. Vous ne savez pas par où commencer ? Suivez le guide !

Scott Pilgrim

Si vous n’avez pas entendu parler de la BD, vous avez au moins vu passer le film : Scott Pilgrim est un très, très bon film réalisé par Edgar Wright, le papa de la trilogie Cornetto. C’est aussi un très, très bon comics écrit et scénarisé par Bryan Lee O’malley. Il est composé de six tomes.

Scott est un jeune adulte pas très dégourdi. Il joue dans un groupe assez mauvais et sort avec une lycéenne. Un jour, il voit dans son rêve une jolie fille qui passe à toute vitesse en roller. Quelle surprise lorsque le lendemain il la croise… Pour de vrai. Elle s’appelle Ramona Flowers et en fait, tout le monde la kiffe. Très rapidement, ils se rapprochent. Mais Ramona a un terrible secret : ses sept ex petits-amis ont créée une ligue, que devra affronter quiconque voudra sortir avec elle. Scott va donc devoir faire face à un tas d’amoureux transis aux pouvoirs surhumains.

Scott Pilgrim, c’est complètement déjanté et vraiment drôle. Sans compter que c’est un concentré de pop culture. Les références aux jeux vidéo sont nombreuses (par exemple Scott gagne des pièces quand il bat quelqu’un).

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Si le film est très réussi, les comics sont également parfaits parce qu’ils proposent encore plus de gags, et s’attardent plus particulièrement sur certains ex un peu passés à la trappe à l’écran. Ce qui est cool avec Bryan Lee O’Malley, c’est que ses BD se passent au Canada, et sont très imprégnées de cet univers. Les personnages ont toujours un look d’enfer et le tout donne presque envie de vivre par -30°.

Locke and Key

J’ai offerts les trois premiers tomes de Locke and Key à mon mec sur les conseils de mon libraire. Il m’a assuré que commencer la série valait le coup… Et il avait totalement raison.

L’histoire se déroule dans la ville de Lovecraft. Les Locke viennent d’emménager dans une maison qui appartient à leur famille depuis plusieurs générations. Ils ont déménagé de leur précédent logis après avoir été attaqués par deux individus, qui ont tué le père. Le plus jeune fils découvre rapidement des clefs cachées dans la maison, qui lorsqu’elles sont insérées dans les bonnes serrures, donnent différents pouvoir. Ça pourrait être cool si un démon meurtrier ne s’était pas donné comme mission de récupérer toutes les clefs afin de contrôler le monde.

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Bon, là on passe du côté obscur de la BD. Locke and Key n’est pas une série comique. Le démon n’est vraiment pas sympa, et on se cramponne à son bouquin en priant pour qu’il ne tue pas notre personnage préféré. Et c’est justement ça qui est génial : on s’attache aux personnages et on part à l’aventure avec eux, pour le meilleur mais surtout pour le pire. L’idée des clefs aux pouvoir spécifiques est très bien pensée. Elle permet aux héros de se défendre contre le démon, mais aussi au démon de jouer des sales tours aux héros. Un excellent comics façon thriller.

Punk Rock Jesus

On termine sur un One Shot, pour ceux qui voudraient investir sans se ruiner. Punk Rock Jesus a été écrit et dessiné par Sean Murphy. A la base, il ne me tentait pas tant que ça. J’ai d’abord lu Off Road, du même auteur, et j’ai compris que ce type était très doué. Je me suis donc laissée tenter.

L’histoire débute avec le lancement d’une nouvelle télé-réalité, dans un monde futuriste. Des scientifiques affirment avoir trouvé de l’ADN du Christ sur son linceul, et se sont mis en tête de réaliser une immaculée conception sur une jeune femme. L’enfant ainsi né s’appelle Chris (logique), et il grandira sous l’œil vicieux des caméras de télévision. Sauf que jouer avec les religions, c’est dangereux. Entre ceux qui crient à l’imposteur, ceux qui veulent à tout prix approcher ce « nouveau dieu », et les producteurs qui manipulent à loisir Chris et sa mère, l’ambiance devient vite extrême. Devenu ado, Chris pète un câble et décide de monter un groupe de punk, pour provoquer les culs-bénits.

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Punk Rock Jesus est très réussi parce qu’il fait réfléchir. Déjà sur le côté malsain de la télé-réalité, car on voit de quelle façon les protagonistes sont manipulés sans prendre en compte un instant leur bien-être. Mais surtout sur les religions et leur importance. Pas sûr que si le scénario se réalisait en vrai, les réactions seraient très éloignées de celles du bouquin. L’histoire n’est pas flippante comme avec Locke and Key (ce n’est pas le but), mais elle est très dure. Et moi qui déteste tirer la tronche devant une BD, j’en redemande.

Je vous aurais bien parlé aussi de Saga, mais ça m’aurait ennuyé de vous proposer trois séries. Côté français, il y a aussi du très bon, notamment chez le label 619. Pour les fans de castagne et de théorie du complot, n’hésitez pas à dévorer Mutafukaz.