Songkran, une bataille d’eau à échelle nationale

Mon séjour en Asie s’est terminé, mais en beauté : les 13, 14 et 15 avril, j’ai eu la chance de participer à Songkran, le Nouvel An bouddhiste. A la base, il s’agit simplement de verser un peu d’eau sur ses proches, en signe de respect. Au fil du temps, c’est devenu un énorme water fight qui dure trois jours non-stop. Donc si tu te prends un coup de karcher dans la tronche, sois content, c’est par respect.

Bien avant le début des festivités, on sent l’approche de Songkran. Dans les commerces s’alignent des rangées de fusils à eau multicolores, mais pas seulement. Les magasins vendent aussi des lunettes de protection, des pochettes waterproof pour les téléphones… Autant d’indices qui montrent que cette fête est totalement dingue. Beaucoup de thaïs profitent de ces trois jours fériés pour rentrer dans leur famille. Chiang Mai est une destination très liée au nouvel an bouddhiste. Si on souhaite y aller, il faut prévoir bien à l’avance puisque les bus sont très vite pleins. Et accepter de se retrouver coincé dans les bouchons ! Vidé d’un peu de sa population, Bangkok a un côté plus serein, moins bondé.

Mais pas partout ! A Bangkok, on converge souvent vers les mêmes quartiers pour faire la fête et s’arroser en batailles rangées. Siam, l’un des centres névralgiques de la capitale, regorge de monde et promet une bonne ambiance, bien qu’un peu commerciale à cause de la présence de stands promotionnels. Khao San Road est aussi envahie, presque trop. Nana, le quartier des bars (et de prostituées), est assurément l’un des plus fous. Des tas de gens accoudés aux comptoirs, une bière dans la main, un flingue dans l’autre, arrosent copieusement les passants. Des filles en mini-short très très mini poussent des cris suraiguës, des habitués foncent dans le tas bazooka à l’épaule, imperméable intégral et lunettes de protection pour compléter la panoplie.

11161698_10153301753804433_3960811264248431038_oOn est parés aussi ! (photo by My-Ly)

Mais tout ça ne serait pas complet sans une autre tradition de Songkran : l’argile. Ces petites boulettes à mélanger à de l’eau sont vendues partout pour trois sous. Les thaïs en mettent directement sur le visage des gens. C’est assez désagréable mais c’est également assez impoli de refuser : dans la tradition bouddhiste, ce geste est sensé porter chance. Alors soi on accepte de se retrouver barbouillé de terre par des inconnus tous les 100 mètres, soi on applique discrètement la technique du « oh tiens quelqu’un avec de l’argile, je vais aller de l’autre côté plutôt ». Ils ont l’air tellement ravis que j’ai fini par choisir la première solution…

Songkran n’est pas juste l’application douteuse d’une tradition millénaire. C’est trois jours de fête non-stop pour tout le monde, petits et grands, locaux et étrangers. C’est comme une complicité surprenante qui s’installe dans tout le pays. Et selon moi, c’est une très bonne raison d’aller en Thaïlande, même pour une semaine.

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