Embargo sur les réseaux sociaux

Depuis quelque temps dans les salles informatiques de ma fac, de gros panneaux sont apparus. Il y est écrit : FACEBOOK, TWITTER, YOUTUBE, INTERDITS !! Parce que, soyons raisonnables, tous ces ordis ne sont pas mis à notre disposition pour “jouer”. Certains étudiants en ont besoin pour du travail “sérieux” et si on veut aller sur Twitter, on aura bien le temps de faire ça chez nous. L’un de mes camarades a récemment tenté le coup : il a ouvert sa page facebook quelques instants, juste assez longtemps pour que le moniteur de la salle surgisse soudainement dans son dos en grondant : “FERME MOI ÇAAAAA !”. Le ton est donné : les réseaux sociaux c’est le mal, c’est fait pour les ado et les gens pas sérieux.

Logiquement, ce premier paragraphe dAngoisseevrait vous faire tiquer :  pour mes études à moi par exemple, se passer des réseaux sociaux pour bosser serait pénalisant. Mais même les élèves moins imprudents qui n’ont pas choisi d’étudier le journalisme, ont tout intérêt à s’en servir. En témoigne l’abondance de groupes facebook regroupant une même promo, afin que les élèves puissent s’échanger les cours et les informations importantes. De même, pourquoi interdire Youtube ?!  L’administration de ma fac craint-elle qu’on se matte un épisode des Simpsons entre deux CM ? Quand je dois écrire un article ou un exposé sur un sujet qui m’échappe, mon premier réflexe est de chercher quelques reportages sur le sujet afin de parfaire mes connaissances. Comme la télé diffuse NRJ12 et Arte, comme la radio émet France Culture et Skyrock, Youtube regroupe autant des vidéos de lolcats que des reportages scientifiques sur les castors lapons. Pour ce qui est de Twitter, il m’est pour ma part utile dans ma veille d’information : évidemment, ce n’est largement pas suffisant. Hier j’ai constaté que l’élection de miss France 2014 avait fait autant de bruit sur ma timeline que la mort de Nelson Mandela (d’ailleurs je ferais peut-être bien de faire du tri dans mes followings –’). Évidemment que les réseaux sociaux ne sont pas utilisés dans un but uniquement pédagogique. Mais le fait est qu’aujourd’hui, nous sommes nombreux à en avoir besoin pour bosser.

Mais l’incohérence d’interdire ces sites ne s’arrête pas là. Le but est d’empêcher les étudiants de s' »amuser” au lieu de travailler sur les ordinateurs de la fac. Mais qu’en est-il du type qui a passé tout l’après-midi sur Travian (jeu en ligne de simulation de gestion), la dernière fois que je suis allé y bosser ? Personne ne pouvait lui dire quoi que ce soit : aucune affiche ne lui interdisait de fréquenter ce site. Internet ne se résume pas aux réseaux sociaux ET aux sites sérieux. Le plus judicieux serait tout simplement que lesdites affiches précisent que les salles info sont uniquement dédiées au travail et non à la détente. Car oui, lorsqu’on a un travail à rendre pour le lendemain, que tous les PC sont pris et qu’un clampin joue à Travian, on rage, et c’est normal.

Mais interdire les réseaux sociaux, c’est rester coincé dans le vingtième siècle. Ça donne l’impression que les décideurs de la fac se bouchent les oreilles en criant “J’entends pas j’entends pas j’entends pas”. Ou alors qu’ils prennent les étudiants pour des ados de treize ans plutôt que pour de jeunes adultes. Parce que je veux bien croire qu’à chaque tranche d’âge son usage des réseaux. Mais pour moi qui dispose d’un groupe pour ma promo, un autre pour les trois promo de ma formation, et un autre pour mon demi-groupe, Facebook, c’est avant tout un outil de travail. De toute façon ça sert plus à rien pour les potins, parce que mes amis ne remplissent même plus le champ “relation amoureuse”…

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6 réflexions sur “Embargo sur les réseaux sociaux

  1. Les messages en salle sont peut-être un peu excessifs, mais généralement il suffit de dialoguer pour résoudre les éventuelles incompréhensions. Il n’y a pas de volonté rétrograde des « décideurs », le réseau de la fac est non-filtré (au grand dam de Renater, le fournisseur d’accès) tout le monde peut accéder à ce qu’il veut, c’est simplement que les salles ne sont pas des cybercafés, ce que beaucoup d’étudiants semblent oublier.

    Pour ma part je viens demander aux gens de laisser leur poste libre s’ils ne travaillent pas quand j’en vois jouer en ligne ou regarder des vidéos qui n’ont clairement pas leur place dans une salle de travail (encore qu’on est parfois surpris, et là encore le dialogue est primordial, notre but n’étant pas de virer à tout prix les gens, mais de faire de la place pour ceux qui veulent vraiment bosser…).

    Pour facebook et twitter, tout est une affaire de discernement, si je vois quelqu’un qui like des photos depuis 20 minutes, je vais probablement lui faire une remarque, mais pas si elle a une page ouverte en plus de son boulot.

    Enfin bref, le tout est de ne pas mettre tout le monde dans le même panier dans un cas comme dans l’autre, j’ai quelques collègues qui sont parfois un peu prompts à le faire malheureusement.

    • C’est vrai que l’administration de la fac n’est pas allé jusqu’à bloquer ces sites sur son réseau, et c’est déjà une bonne chose. Mais je maintiens que ces affiches sont mal formulées. Après comme je le dis dans l’article, c’est clair qu’on ne peut pas laisser un étudiant glandouiller sur un ordi quand d’autres en ont besoin !

      • S’il ne s’agit que d’un souci de formulation, tu conviendras que se fendre d’un article accusant l’université de rester bloquée au XXème siècle semble un poil excessif.

        Je suis d’accord, ceci étant, sur le fait que ces affiches peuvent être mal interprétées, mais j’aimerais juste rappeler que les moniteurs, dans les salles, sont des étudiants parfaitement capables de discuter et pas des « superviseurs » déshumanisés.

        Enfin bref, je ne suis pas non plus là pour défendre mon job, juste que ça m’ennuie de passer pour un passéiste autoritaire…

      • Sauf que c’est clairement ce que je pense (je fais référence à ta première phrase). Par contre je me suis mal exprimée dans le sens où je ne pense pas ça des moniteurs, je sais parfaitement que ce sont des étudiants comme les autres. L’histoire de mon ami qui s’est fait crier dessus est une anecdote drôle mais isolée, je sais que ce sont des consigne et que vous n’êtes pas des robots. Par contre le mot « superviseur » est effectivement mal trouvé et je m’en vais le changer !

  2. Tout à fait ! Je n’imagine pas notre formation (concepteur dans le monde du web) sans les réseaux sociaux ! Les décideurs des universités devraient se remettre en question et surtout, essayer de comprendre le monde d’aujourd’hui !
    Sympa, ton article 🙂

  3. Bonjour,

    Pour YouTube la raison est, je pense, simple: la bande passante est une ressource limitée et chère, la vidéo la sur consomme.

    Cordialement

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